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UNE FEMME DU MONDE

Un film de Cécile Ducrocq

Un nouveau grand rôle pour Laure Calamy

Marie, la quarantaine, est prostituée. Confrontée à l’échec scolaire de son fils de 17 ans, Adrien, viré du lycée hôtelier, elle essaye de le forcer à déposer un dossier dans une école privée. Mais il va lui falloir payer un acompte de 5 000 euros avant la rentrée de janvier. S’enclenche alors une course contre la montre pour trouver l’argent…

Une femme du monde film movie

Décidément Laure Calamy fait des choix judicieux qui lui permettent de montrer toujours plus de facettes d’un talent s'avérant immense. Après avoir joué les maîtresses insouciantes confrontées à la réalité de la vie de famille de leur amant (l'épatant "Antoinette dans les Cévennes"), et interprété une mère séparée, à la recherche d’un nouveau job, qui doit jongler avec les contraintes d’éloignement de son travail et la garde de ses enfants (le percutant "A plein temps", en mars prochain sur les écrans), la voici une nouvelle fois confrontée au regard réprobateur des autres, en endossant le rôle d’une prostituée prête à tout pour payer des études à son ado de fils.

À nouveau formidable dans ce rôle, elle incarne une femme volontaire et persévérante, pour laquelle le terme dignité n’est pas un vain mot. Indépendante, elle est poussée à bout par la situation, en étant à la fois tentée par le racisme envers celles qui travaillent dans des camionnettes et reversent trois quart de leurs revenus à leur mac, l’obligeant par la même à baisser ses tarifs, exaspérée par l’attitude défaitiste de son ado de fils (excellent Nissim Renard) au point de vouloir le secouer, voire de lui forcer la main, elle se bat aussi pour la dépénalisation des clients en préparant une manif devant le parlement européen.

Avec des personnages très bien écrits, Cécile Ducrocq nous propose une plongée dans le monde de la prostitution, fortement documentée, montrant en toile de fond les conséquences du vieillissement, les rivalités entre filles, la brutalité de certains clients, les codes qui régissent les maisons closes (ici en Allemagne…)... À la fois juste, percutant et nécessaire, "Une femme du monde" invite à porter un regard respectueux sur les prostituées, femmes avant tout, parfois mères, confrontées à maintes difficultés quotidiennes de par leur absence de statut, contrairement au citoyen lambda. Le personnage interprété par Laure Calamy constitue une figure à la fois emblématique et pédagogique, qui mérite qu’on s’intéresse à elle de près.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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