Parce qu'on en a jamais assez !

UNE FEMME DE MENAGE

Un film de Claude Berri

Une histoire tendre qui garde les pieds sur terre

Un quinquagénaire qui se remet difficilement du départ de sa femme, se laisse vivre dans son appartement devenu sinistre par le désordre qui y règne. Il se résout finalement à embaucher une femme de ménage, Laura, une vingtaine d'année, qui finit par s'installer chez lui à son grand désespoir, ceci à la suite d'une séparation avec son petit ami. Ces deux êtres, que tout opposent : leur âge, leurs goûts, en un mot leur vie ; finissent par se laisser surprendre par leur désir. Commence alors une histoire d'amour…

Dès le début, le spectateur est plongé dans la vie de Jacques, rythmée par son travail d'ingénieur du son, par sa passion pour la musique, pour la littérature, et la monotonie de ses soirées. Alors, Laura arrive pour mettre un grand coup de balai dans son appartement mais aussi dans sa vie, de par sa fraîcheur, sa jeunesse et son regard candide sur la vie. Tout les oppose, et Claude Berri ne cesse de nous le rappeler, comme pour nous faire renoncer à croire à cette amour qui naît. Cependant, la tendresse des deux protagonistes, la solitude de Jacques et la conviction de Laura pour ses sentiments, laissent espérer une vie heureuse.

On retrouve ici Jean-Pierre Bacri authentique et tendre face à Emilie Dequenne (" Rosetta ", " Le pacte des loups "), naturelle et légèrement effacée comme gardant son jardin secret. Le face à face est touchant, drôle, malgré le comportement parfois torturé de Jacques confronté à un amour grandissant et à la fatalité de l'âge qui les séparent et de leurs différences qui les guettent.

Toute l'histoire se déroule dans l'univers de Jacques. Son ex-femme, ses habitudes, ses amis, reflètent une solitude parfois parodiée par la présence amusante de Jacques Frantz (" La crise "), replié dans sa campagne bretonne et devenu " peintre de poules ". Seule la personne de Laura nous fait sortir de cet univers où la jeunesse n'existe plus, même pour Jacques qui finira par être surpris par cette dure réalité…

Caroline LevesqueEnvoyer un message au rédacteur

À LIRE ÉGALEMENT

Laisser un commentaire