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UNE FAMILLE RESPECTABLE

Un film de Massoud Bakhshi

Un film iranien perçant

En Iran, de nos jours, un homme prend un taxi pour se rendre à l’aéroport. Mais le chauffeur s’arrête entre temps pour embarquer deux autres hommes. Un peu plus loin sur le chemin, le premier se rend compte que le véhicule ne prend pas la direction voulue et qu’il est fait prisonnier par des ravisseurs qu’il ne connaît pas. Mais que peut-on bien lui vouloir ?

Les grandes fresques familiales avec leurs non-dits et leurs histoires obscures survenues dans un passé lié aux grands troubles qu’a connu le pays où se situe le récit ne sont plus l’apanage des films européens ou américains. Avec « Une famille respectable », Massoud Bakhshi, jeune cinéaste iranien, filme une histoire dense et jette un œil macroscopique sur une région du monde et microscopique sur une famille liée au destin de sa patrie. C’est un beau pari réussi pour ce documentariste qui nous plonge avec son premier long-métrage de fiction au cœur de son pays : l’Iran. Un film qui n’est pas sans rappeler l’efficacité d’un Asghar Farhadi (« Une séparation », « À propos d’Elly »), la dimension thriller en plus.

Entre faux-semblants et personnes de confiance, traîtres et alliés, le film est d’une réalité viscérale. Il sombre dans un dangereux jeu de dupes où la notion de famille perd tout son sens… Impressionnante et foisonnante, cette œuvre mêle plusieurs genres. Entre film politique et thriller, entre polar et fresque familiale, le spectateur suit avec tension le parcours d’Arash, le personnage principal, dans la révélation des secrets qui entourent et entachent sa « respectable » famille.

Suivez bien le fil de l’histoire et notamment la présence des flash-back qui reviennent sur la jeunesse d’Arash et de son frère. Les premiers allers-retours dans le passé peuvent parfois paraître nébuleux. Mais dès que vous êtes dans l’œil du scénario, vous ne pouvez qu’être happé par cette histoire originale, en prise directe avec la réalité d’un pays, de ses conventions sociales et religieuses, que n’aurait pas renié un certain Melville. Noir et perçant.

Mathieu PayanEnvoyer un message au rédacteur

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