UNE ENFANCE ALLEMANDE - ÎLE D'AMRUM, 1945

Un film de Fatih Akin

Un superbe récit d’apprentissage porté par le jeune comédien Jasper Billerbeck, véritable révélation

Synopsis du film

Alors que la Seconde Guerre mondiale s’apprête à prendre fin, les habitants d’un petit village de l’île d’Amrum au Nord de l’Allemagne, survivent au rythme des marées. D’une famille de baleiniers, le jeune Nanning travaille au champ et participe à la pêche aux phoques pour aider sa famille. Un jour sa mère tombe en dépression et Nanning se met en recherche des aliments pour offrir à celle-ci une tartine de pain blanc garnie de beurre et de miel…

Critique du film UNE ENFANCE ALLEMANDE - ÎLE D'AMRUM, 1945

Fatih Akin revient avec ce 12e film dans un tout autre registre. Le cinéaste des primés "Head-On" (Ours d’or à Berlin 2004), "De l’autre côté" (Prix du scénario à Cannes 2007) et "Soul Kitchen" (Grand Prix du jury à Venise 2009), nous surprend avec ce film historique. Il s’approprie une histoire d’abord scénarisée par Hark Bohm, qui a lui-même grandi pendant la Seconde Guerre mondiale sur cette toute petite île d’Amrum. Et ce pan de l’histoire allemande, Fatih Akin va se l’approprier pour en faire un long-métrage à la fois personnel, populaire et universel, un de ces grands films de cinéma à porter le sujet de l’enfance. Nanning a en effet 12 ans en 1945, alors que le pays est en pleine fin de guerre et que s’annonce une autre fin, celle de l’enfance de ce jeune patriote qui va être confronté à plusieurs épreuves qui vont le bousculer dans sa chair et ses certitudes.

Dans ce très beau récit qui oppose la jeunesse, l’innocence et la fragilité à un contexte adulte de guerre, de barbarie et de violence, le jeune Nanning devra faire un apprentissage et une quête qui le forgeront. C’est donc un film sur notre propre héritage et sur ce que l’on en fait, c’est une œuvre sur ce que l’on accepte d’être et sur comment on se construit, comment on bâtit son identité à partir de nos racines et de nos propres acquis. Un film initiatique majeur sur le passage à l’âge adulte qui se termine avec un optimisme fort où la solidarité est célébrée. Tous ces éléments font de "Une enfance allemande : île d’Amrum, 1945" un conte moderne en tout point contraire au principe de la guerre et de la lutte d’un peuple contre un autre. Un coming-of-age réussi grâce à sa réalisation envoûtante, son scope sublime, son puissant récit d’apprentissage porté par la révélation du film, le tout jeune comédien Jasper Billerbeck, prix d’interprétation du cœur au dernier Festival de Cannes (le film ayant été présenté en section Cannes Premières) !

Mathieu PayanEnvoyer un message au rédacteur

BANDE ANNONCE

À LIRE ÉGALEMENT

Laisser un commentaire