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UNE CHAINE POUR DEUX

Un film de Frédéric Ledoux

Quand les ressources ne sont plus humaines

L'usine belge de vélos Granville vient d'être rachetée par un magnat de la communication. Il y dépêche une jeune cadre dynamique pour assainir et restructurer l'entreprise. Contrainte par sa direction de fermer l'une de deux chaînes de production, elle organise une compétition entre les deux équipes, pour déterminer celle qui remportera le gros lot : le maintien de ses emplois. Les deux chefs d'équipe, amis dans la vie, se promettent de ne se faire aucun coup bas...

Tourné à la manière de "Strip Tease", série documentaire bien connue du petit écran et importée de Belgique, ce premier film de Frédéric Ledoux, est inconfortable aux premières images. Les plans s'enchaînent brutalement, entre gros plans fixes, et déplacements caméra à l'épaule. C'est à se demander si le malaise vient la réalisation ou de l'effet de réalité qui s'en dégage. Puis petit à petit l'histoire prend forme, les personnages prennent vie et humanité sous nos yeux, si bien qu'on assiste confortablement, après maints rebondissements, à ce qu'on voit quasiment tous les jours au journal télévisé : la mort d'une entreprise familiale et de ses valeurs.

Malgré la situation dramatique, le ton assumé est celui de la comédie. Les acteurs y sont criants de vérité et de drôlerie. Sans rire aux éclats, on sourit beaucoup en découvrant chacune des petitesses de ces hommes touchants car si déterminés. L'histoire se déroule en Belgique, mais ce n'est pas un film sur la belgitude, et on pourrait tout à fait planter le décor en France ou Angleterre. C'est d'ailleurs là-bas que le genre est né avec de jolis succès dans les années 90, des comédies douces amères sur fond de crise sociale comme « les Virtuoses » ou « the Full Monty ». Sans être d'une originalité folle, le scénario d' « Une chaîne pour deux » ne manque pas de ressort, et malgré un thème pas tellement enthousiasmant on passe un bon moment, plongé dans le monde des boulons, des chaînes et des bons sentiments.

Pascaline CharrinEnvoyer un message au rédacteur

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