UNA QUINTA PORTUGUESA
Un réel charme pour un film multilingue
Synopsis du film
Fernando, professeur en université, fait un jour le constat de la disparition de sa femme, Milena, et découvre qu’elle n’est pas allée au travail depuis 2 semaines. Aidé par la police, il parvient juste à savoir que celle-ci a passé la frontière de son pays d’origine, la Serbie. Mais lui, qui l’a épousée il y a trois ans, ne sait rien de son passé ou de sa famille là-bas. Incapable de continuer à donner des cours, Fernando part en bord de mer, au Portugal. Là, il fait la connaissance de Manuel, portugais de son âge, ayant vécu en Espagne, sans attache et ayant choisi de vivre de petits boulots. Lorsque Manuel décède soudainement à la terrasse du café où ils prenaient un verre, Fernando décide de conserver sa veste, laissée par les secours, dans laquelle figure l’adresse de sa nouvelle patronne, Amalia, propriétaire d’une belle demeure dans les terres, qui devait l’employer comme jardinier. Fernando se présente alors là bas, en affirmant qu’il est Manuel, jardinier…
Critique du film UNA QUINTA PORTUGUESA
C’est une bien belle surprise que nous a offerte l’équipe des Reflets du cinéma ibérique et latino américain de Villeurbanne, en présentant en ouverture "Une Quinta Portuguesa", comédie dramatique entre l’Espagne et le Portugal, venue du Festival de Malaga. On y retrouve l’excellent Manolo Solo ("El Buen Patron", "La Isla Minima", "Fermer les yeux") dans le rôle d’un homme égaré, suite au soudain départ inexpliqué de sa femme, originaire de Serbie, et qui retrouve sens à sa vie en se faisant passer pour un jardinier (pas très doué) auprès d’une mystérieuse propriétaire d’une grande demeure portugaise, au jardin luxuriant. Interprétée par Maria de Medeiros, à la fois juste et touchante, ce personnage apporte une dose de douceur et d’empathie, dont Fernando, devenu Manuel, a réellement besoin, dans sa détresse et sa recherche d’un nouvel équilibre.
Tendrement romantique, le récit est d’abord dur, assénant divers coups dans l’entourage de Fernando, avant de nous entraîner dans ce hameau de paix, sorte de retraite où chacun joue finalement un rôle. Sans en faire trop au niveau des bénéfices du travail de la terre, de la relation aux plantes ou de l’aspect enchanteur des lieux (maison comme jardin), Avelina Prat s’intéresse avant tout à l’humain, offrant quelques pauses apaisantes lors des échanges nocturnes des deux personnages sous le porche de la maison (les moments les mieux écrits et les plus touchants), avant de rappeler son personnage à la réalité dans une dernière partie particulièrement réussie. Étalée sur plusieurs années, avec une ellipse importante au milieu, l’histoire de Fernando et d’Amalia, dans son mélange de langages, nous invite à un charmant détour.
Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur
