Parce qu'on en a jamais assez !

UN MARI DE TROP

Un film de Griffin Dunne

Conte de fées à la meringue brulée

Emma est une conseillère conjugale à la radio, surnommée Docteur Love, et écrivain d’un livre: « Le grand amour ». Sa vie est réglée comme du papier à musique, elle va épouser Richard, son éditeur, mais tout cela est sans compter sur Patrick Sullivan, dont elle a fait annuler le mariage avec sa compagne, sur un conseil pendant son émission de radio. Là, Patrick va pirater avec l’aide d’un voisin la base de données de l’état civil américain, et se marier avec elle, afin d’empecher qu’elle se marie de son coté, comme elle l'a empêché du sien...

« Un mari de trop » est une comédie romantique légère, enrobé de crème et de meringues, et gonflée de clichés. On y retrouve des personnages caricaturés à l’extrême :
- Uma Thurmann y est déguisée en Mme de Fontenay pendant la moitié du film, pincée, aigrie et rigide. Elle a le rôle d’une psychologue, donneuse de leçons, dont les conseils sont dignes de ceux de Doc et Difool sur Fun Radio ou des filles du Moov (c'est-à-dire que ses conseils ne valent pas grand-chose !), et surtout cette maîtresse des relations amoureuses n’est pas vraiment bien placée pour prodiguer quelques recommandations que ce soit.
- Son futur mari, Colin Firth, est un bon bougre, anxieux et boulimique, éperdument amoureux de son Emma. Il est près à tout accepter, mais surtout n’importe quoi, de sa douce, tant qu’elle l’épouse.
- Enfin, Jeffrey Dean Morgan, avec ses faux semblant de Javier Bardem, joue le gros pompier lourdingue, soit disant amoureux de son ex, assoiffé de vengeance. Et paf ! il tombe sous le charme de notre donneuse de leçons acariâtre en moins de 2 heures !

Tous les éléments sont ici réunis pour faire monter les blancs en neige, mais le soufflé retombe vite…

Le scénario est maigre comme peau de chagrin. Les situations rocambolesques s’enchaînent sans soucis de réalisme. La vengeance dont est censé être animé Patrick est ridicule tant elle est mollassone. Rien à voir par exemple avec la hargne que mettent les personnages de « Jackpot » à se faire des crasses…

Quelques points restent en suspens : on se demande pourquoi notre pompier habite au dessus d’un restaurant indien, et quelle est sa relation avec cette famille. On pense plus au besoin des scénaristes de mettre en avant une minorité, qu’autre chose, ou peut-être pour apporter une touche d’exotisme fashion… On se demande également ce qu’Isabella Rosselini peut bien faire au milieu de ce navet.

En quelques mots, on va de scènes d’hystérie, en exagérations absurdes, pour arriver à un dénouement qui laisse de glace. Un pari perdu pour une équipe d’acteurs quarantenaires, qui mériteraient mieux qu’une comédie mielleuse mal écrite.

Véronique LopesEnvoyer un message au rédacteur

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