UN LUGAR MAS GRANDE
Le délicat chemin de la gestion autonome
Synopsis du film
Au Chiapas, région au sud du Mexique, une communauté a décidé en assemblée de son autonomie, interdisant partis politiques et urnes. Tâchant de gérer les choses collectivement, depuis la Maison de l’Ejido, hommes et femmes s’occupent des arrestations et jugements d’extérieurs venus distribuer des t-shirts et parapluies du parti Verde, contrôlent les véhicules la nuit, avec le souci que les habitants puissent « continuer à vivre de la terre »…
Critique du film UN LUGAR MAS GRANDE
Avec ce documentaire venu du Mexique c'est une utopie de la gestion autonome, sans leader ni hiérarchie, qui est montrée, au travers du portrait d'une communauté du Chiapas, région montagneuse et forestière du sud du pays, encore sous influence zappatiste. On découvre ainsi des hommes et femmes aux aguets, conscients de l'existence d'opposants, qui chercheraient à revenir en arrière (Etat Mexicain, riches propriétaires, milices armées...), tentant d'un côté de réinventer la justice, de l'autre d'assurer la sécurité. Etonnament, on parlera peu ici de la question des terres (une « restitution » aux autochtones devait avoir lieu, et a été maintes fois reconnue par la justice, mais repoussée...), pourtant au cœur des revendications, puisqu'on l'entendra maintes fois le souhaite de pouvoir « vivre de la terre ».
Récit d'une expérience collective, teinté de festivités entre le religieux et le païen, "Un lugar mas grande" résonne comme un rêve de bon sens et d'entente les uns avec les autres (résolution des conflits à l'amiable, souci d'incarcérations exemplaires mais justes, contribution équitable aux tâches communes comme le ramassage des ordures...), dans lequel l'argent, le besoin de temps, la sécurité viendront mettre leur grain de sel. Sciemment, le metteur en scène choisit de se limiter à la période de construction du processus, sans montrer, sauf lors d'un hommage final, la montée des conflits armés et les assassinats qui résultèrent de cette expérience. Une option qui permet de poser cette autonomie comme une possibilité, loin des éternels tricheurs qui tente d'acheter son échec, entre corruption et rémunération de groupes armés. Cela pourra sans doute être le sujet d'un autre film.
Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur
