UN HIVER RUSSE

Un film de Patric Chiha

Une tentative chaotique de portraits d’exilés

Synopsis du film

Les membres d’un groupe russe, Anti-Utopia, et leur entourage, exilés, se croisent dans d’autres pays, changeant parfois d’endroits, et ne pouvant pas forcément résider où ils veulent…

Critique du film UN HIVER RUSSE

Il faut quelques scènes pour comprendre sur qui se focalise "Un Hiver Russe", documentaire signé Patrick Chiha ("La Bête Dans La Jungle", "Brothers of the Night"), passé par la section Panorama Dokumente cette année à Berlin. C’est lorsqu’on découvre des images de 2003, de la première scène du groupe Anti-Utopia, que l’on comprend que Yuri, alors 13 ans, en faisait partie, comme un des autres hommes croisés, et que Rita est sa meilleure amie. Faisant se croiser des bribes de leur présent, aux quatre coins de l’Europe, notamment en Géorgie, en Turquie, en France… "Un Hiver Russe" apparaît comme un kaléidoscope de sensations de non appartenance. Faute d’explications claires et du moindre commentaire ou inscription à l'écran nous permettant de savoir qui est qui, ce documentaire un peu paresseux, se cache derrière un chaos volontaire, censé être à l’image de la vie de ces trois personnages.

Si s’expriment clairement la peur de retourner en Russie, l’effroi de la mort d’un ami au front, l’oubli progressif des lieux connus, le désir d’être un autre (une simulation par IA aidant…), le désarroi face à l’absence de manifestation au déclenchement de la guerre en Ukraine, les difficultés pour rester dans un pays ou à un endroit (Rita a ses affaires dans une consigne…), la mise en scène laisse interrogatif, entre effets inutiles (filtre vert, couleurs néons, ralentis…) tout comme les choix de montage. L’ensemble, pourtant assez court, paraît au final très long, laissant le spectateur à l’écart, un clip vidéo flashy venant vaguement justifier certains choix en référence à la carrière des deux bonhommes. Dommage qu’on ne prenne pas la peine de nous expliquer qui ils sont, ou qui ils étaient dans l’avant départ de la Russie, peut être qu'une possible empathie aurait pu alors pointer son nez.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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