UN CHAMP DE FRAISES POUR L'ÉTERNITÉ
Un champ des possibles avec des fraises de qualité variable
Synopsis du film
Dans un camping en voie de disparition, ses derniers occupants coexistent tant bien que mal, bercés par la programmation de la radio très très locale dont s’occupe l’un d’eux. Entre rêves et désillusions, ils cherchent leur bonheur…
Critique du film UN CHAMP DE FRAISES POUR L'ÉTERNITÉ
Avec une radio que personne n’écoute, des relations humaines plus ou moins dysfonctionnelles et diverses situations décalées, il y a un petit quelque chose de "Perdrix" dans "Un champ de fraises pour l’éternité". Malheureusement, on est loin de l’excellence du film d’Erwan Le Duc. Ici, on peine à saisir où Alain Raoust veut en venir et sa réalisation, partiellement burlesque et vaguement psychédélique, est à la fois plus mollassonne et moins inspirée. On croit un moment qu’il s’agit d’une fable politique, entre esprit zadiste et apologie de la radio libre, mais aussitôt passées les séquences parodiant le KKK (avec une certaine lourdeur), cette éventuelle satire s’évapore, et la question du camping en sursis n’est qu’un arrière-plan constamment délaissé – il y a d’ailleurs d’autres aspects qui restent effleurés de la sorte.
Alors peut-être est-on plus du côté de romances croisées ? De l’animateur radio (Philippe Rebbot) qui évoque son amour de jeunesse (Ariane Ascaride dans un micro caméo peu utile) au jeune homme (Quentin Dolmaire) qui a un coup de foudre pour une cavalière surgie de nulle part (Kim Higelin), en passant par le brave gars (Grégory Montel) qui drague maladroitement sa voisine quelque peu glaciale (Florence Loiret Caille) et le couple qui attend un enfant (Oussama Kheddam et Estelle Meyer), nous voilà en effet dans un film choral qui entremêle les histoires d’amour singulières.
Si le film n’est pas exempt de belles idées, soit dans leur drôlerie (comme le running gag du DVD de « best of des vœux présidentiels ») soit par leur poésie ou leur émotion (comme le moment où Raymond rejoue son ancien « one-man-show » à Jocelyne), "Un champ de fraises pour l’éternité" s’embourbe dans une structure inutilement complexe (à base de non linéarité) qui ne fait que révéler le caractère confus d’un film qui manque cruellement de liant et de consistance. Il en résulte une espèce de ping-pong (vaguement chapitré) entre des personnages qui semblent artificiellement réunis et des situations qui donnent l’impression de s’enchaîner de manière aléatoire pour ne mener nulle part, le tout avec des dialogues très inégaux, tantôt géniaux tantôt pompeux.
Raphaël JullienEnvoyer un message au rédacteur

