ULYSSE
Entre élans et découragements, le yoyo d’un couple face à son enfant
Synopsis du film
Alice, chercheuse en sociologie, se retrouve enceinte de Luc, pianiste. Mais à l’âge d’un an, Ulysse ne marche toujours pas et l’inquiétude s’installe. Quelques temps après, suite à un bilan, le couperet tombe : Ulysse est atteint d’un syndrome génétique et il va falloir le stimuler sur plusieurs plans…
Critique du film ULYSSE
"Ulysse" est un film de combat et de détermination, celui d’une mère, décidée à ne rien lâcher pour son enfant, en voulant lui offrir la possibilité d’une vie la plus normale possible. Décrivant le véritable parcours du combattant d’un couple, vivant du coup lui-même des hauts des bas, le film, qui avance par ellipses temporelles, suit autant les évolutions de l’enfant que les étapes d’un parcours administratif, d’écoles en centres spécialisés, d’accompagnements personnalisés en institutions agréées. Car derrière les parcours humains d’une mère révoltée, d’un père rongé par la peine, et d’un orthophoniste dévoué, se dévoile une dénonciation en règle des manques de capacité, des contrôles insuffisants sur certaines structures, et d’un manque de moyens qui va de paire avec une logique d'abandon jugée inacceptable.
Questionnant tout de même ponctuellement la persévérance effrontée de la mère, au travers de rudes dialogues avec le père ou d’engueulades avec des responsables de structures débordés ou inattentifs, le long métrage de celle à qui l’on doit "À Vendre", "En avoir (ou pas)", ou encore "La Repentie", fait mouche en alignant des dialogues et situations particulièrement justes. Présenté en clôture de la section Un Certain Regard au Festival de Cannes, "Ulysse", allusion à peine voilée, après une scène de choix du prénom dont n'aura pas le résultat à l'écran, au personnage de l'Odyssée, devant ici dépasser des obstacles hors normes pour parvenir à trouver sa place en société. Seule ombre au tableau, le choix d’une quasi omniprésence de morceaux de pianos, joués, répétés, enregistrés par le mari, qui envahissent inutilement de trop nombreuses scènes, après avoir ponctuellement souligné les états d’esprits des parents dans d’autres. Un artifice dont n’a nul besoin la tension du film, remarquable par l’interprétation d’une Elodie Bouchez habitée, que l’on voit déjà en lice pour les prochains César.
Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur
