Festival Chefs’Op en Lumière 2026 Bannière

TRANSMITZVAH

Un film de Daniel Burman

Une Kabbale trans

Synopsis du film

Refusant de préparer sa bar-mitzvah, Mumy, encore enfant, fait son coming-out trans à ses parents, brisant les conventions familiales. Devenue une célèbre chanteuse, elle revient en Argentine sur les traces de ce qu’elle fut pour retrouver ce(ux) qu’elle a perdu(s)…

Transmitzvah film movie

Critique du film TRANSMITZVAH

Original par son fond et par sa forme, "Transmitzvah" annonce la couleur dès son titre : il interroge la place des personnes LGBTQ+, et plus particulièrement des personnes trans, dans la religion juive. En écho à son film "Le Fils d’Elias" de 2004, Daniel Burman revient sur la question de la judéité qu’il a bien connue enfant. Face à la volonté de Mumy de faire sa bar-mitzvah à retardement, de nombreux personnages défilent, présentant une caricature large des personnes juives, plus au moins ouvertes, face à la transidentité. Les touches d’humour qui jalonnent le film, ainsi que les morceaux chantés, placent le film au croisement entre comédie musicale et drame, en lui offrant un rayon d’optimisme.

Ce retour aux sources, et le besoin de se retrouver soi-même par l’enfance, n’est pas sans rappeler "Retour en Alexandrie", où l’enfant intérieur est la clé de voûte du scénario. Ayant perdu sa voix, Mumy est contrainte de faire face à son passé et à ce qui ne s’est pas fait (ou pas dit). Entre la quête identitaire et la quête familiale (par la place du frère et du père), "Transmitzvah" est l’anatomie d’une transidentité en terres yiddishs : du jamais vu.

Néanmoins, si le travail de la photographie et l’acting sont réfléchis et réussis, la lenteur du film et les nombreuses références à la Kabbale peuvent empêcher le public de le savourer pleinement. De plus, le personnage trans dépeint ici correspond aux canons d’une femme trans comme objet de fantasme, avec une insistance sur sa sexualisation et son travail de chanteuse. Rejoignant le mythe du cabaret (de la chanteuse ou de la danseuse trans), retrouvé dans des films comme "Joyland", "Lola Pater" ou "The Crying Game", "Transmitzvah" épouse ces canons de la trans-féminité dès la première performance de Mumy enfant. Malgré ce lieu commun de la représentation trans, le choix de Penélope Guerrero est la preuve d’une attention particulière portée aux personnes concernées.

Dès lors, "Transmitzvah" est un film à la formule rare dans le Panthéon des représentations transidentitaires. Pour autant, de petits impairs n’en font pas pour autant un film à ne pas manquer.

Adam GrassotEnvoyer un message au rédacteur

BANDE ANNONCE

À LIRE ÉGALEMENT

Laisser un commentaire