TRAIN DREAMS

Un film de Clint Bentley

La rudesse de l'Ouest, le long du chemin de fer, dans un film picturalement sublime

Synopsis du film

Ayant quitté l’école tôt, Robert a erré 20 ans dans l’Ouest américain avant de rencontrer Gladys. De cette union est née une maison et un bébé, Robert s’éloignant régulièrement pour exercer son métier de bûcheron, alors que les lignes de chemin de fer avancent…

Critique du film TRAIN DREAMS

Sortie le 21 novembre 2025 sur Netflix

"Train Dreams" est un de ces films en costumes, revenant sur une page importante de l’Histoire des États-Unis, la conquête de l’ouest, au travers cette fois du destin d’un bûcheron et de sa famille. Alternant moments de bonheur auprès de la famille du personnage principal, Robert, homme taiseux, au contact peu aisé mais fin observateur, et passages où le travail est le seul quotidien le long de voix de chemins de fer encore en esquisses, le film évoque les grandes fresques contemplatives comme "Retour à Cold Mountain" ou "Et au milieu coule une rivière". D’abord parce qu’il fait place aux paysages sauvages de l’Ouest américain, magnifiant la hauteur et l’ampleur des arbres, sources de revenu comme de danger. Ensuite parce qu’il retrace sur des années le destin tragique d’un personnage dont le bonheur fugace vient croiser une certaine notion de malédiction.

Tragédie sans effets, dont le scénario s’intéresse avant tout aux êtres humains, le film offre ainsi à quelques interprètes de formidables partitions. Wiliam H. Macy joue ainsi les vétérans fatigués, racontant sa vie à qui veut l’entendre, et dispose d’une scène magistrale. Quant à Joël Edgerton, il est le cœur du film, témoin effaré de la cruauté et de la voracité du monde, entre conséquences environnementales et racisme envers les étrangers comme les natifs américains. Mais le film ne serait pas aussi impactant sans la qualité de la photographie, de l’utilisation du cadre dans le cadre pour rappeler le caractère à part du bonheur dans et autour de la maison familiale, jusqu’aux plans magnifiques de sous-bois et de paysages toujours ramenés au linéaire de la voie et aux hommes qui l'habitent, même temporairement. Distillant une douce tristesse, "Train Dreams" est surtout le portrait d’un homme disparu avec d’autres, mais resté en vie jusqu’à 80 ans. Une fresque contemplative où l’humain prend sa place au cœur de la nature, connecté au passé comme au présent.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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