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TRABHALAR CANSA

Un film de Marco Dutra et Juliana Rojas

… Mais c’est surtout très ennuyeux !

Alors que Helena, femme au foyer, décide de monter sa propre affaire en ré-ouvrant un petit supermarché, elle apprend qu’Otavio, son mari, vient de se faire licencier après dix ans de bons et loyaux services au sein de sa société. Malgré le contexte de crise, le couple décide alors de s’investir dans cette nouvelle entreprise. Mais très vite, d’étranges événements se produisent dans le magasin...

C’est sous ce dicton très perspicace et coulant de source que les réalisateurs brésiliens Marco Dutra et Juliana Rojas ont baptisé leur premier long-métrage. Avec en trame principale, un Brésil en crise et une mère essayant tant bien que mal de faire émerger son supermarché. Malgré le récent licenciement de son mari, Helena garde la tête haute et fait face aux réflexions des nouveaux clients sur les prix qu’elle pratique, mais aussi sur le manque soudain de stock. Les vivres disparaissent mystérieusement et discerner si ces liquidations sont du fait de ses employés ou de ses clients s’avère ardu. A cela s’ajoute un local complètement austère, dont un mur est étrangement rongé par l’humidité. Faire venir un expert coûte cher et les bénéfices ne sont pas encore de la partie… C’est alors que des écoulements ressemblant étrangement à du sang font leur apparition.

« Travailler fatigue » s’inscrit donc dans cette lignée de films sud-américains (« Rabia » ou « Ne nous jugez pas »), mêlant un contexte social difficile et les ficelles d’un cinéma de genre comme l’épouvante. Malheureusement, au bout d’une heure de film, le constat est peu reluisant. L’alchimie ne prend pas, et ce n’est pas faute d’avoir attendu patiemment que le film se mette en place. Les réalisateurs ne savent visiblement pas sur quel front jouer. Les indices laissant présager la présence d’un cerbère dans le magasin restent sous-exploités et n’apportent finalement aucune tension, même une fois le mystère mis à nu de manière incongrue.

C’est le discours social qui en pâtit, puisqu’il est finalement parasité par cette vaine tentative de mélanger les deux genres. Au lieu de basculer d’un cinéma à un autre en jonglant avec leurs codes comme l’ont pu brillamment faire « Bedevilled » ou « Rabia », Dutra et Rojas s’embourbent dans deux récits qui ne fonctionnent jamais vraiment. Les deux réalisateurs peuvent d’ailleurs remercier leurs deux acteurs très convaincants et dont les interprétations ne pâtissent aucunement des mauvais choix de leurs metteurs en scène. Au moins, ils sont là pour sauver les meubles.

Alexandre RomanazziEnvoyer un message au rédacteur

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