TOUT VA BIEN
Sous le soleil, le rêve d’une vie meilleure
Synopsis du film
Après avoir traversé déserts et mers, cinq adolescents arrivés à Marseille essayent de poursuivre le voyage entrepris vers une vie meilleure. Entre administratif, apprentissage d’une nouvelle langue et vie désormais loin de leur famille, ils doivent se (re)construire, et l’ampleur de la tâche est parfois vertigineuse…
Critique du film TOUT VA BIEN
Lorsque le documentaire démarre, il y a un moment de flottement pour le spectateur. L’image est belle, la mise en scène impeccable. Le doute s’installe, est-ce un documentaire ou une fiction ? Et puis la réalité nous rattrape : c’est bien là un documentaire qui se permettra d’aller chercher du côté du cinéma pour ajouter une touche de beau dans le récit. Ce choix pourrait aussi être critiqué : on se sent parfois comme mis derrière un bel écran via cette mise en scène au lieu d’entrer en empathie avec nos 5 protagonistes.
Ces 5 adolescents, Thomas Ellis les a rencontrés et a partagé leur parcours tout en discrétion : là où la forme est travaillée, le discours lui est brut. Ce sont leurs voix, leurs vécus sans filtre, leurs attentes et peurs qui sont partagés. Chacun est arrivé via un trajet différent et pour une raison qui lui est propre : rêve d’une carrière dans le foot, fuite d’un pays sans avenir ou d’un mariage forcé… Pourtant ces adolescents sont avant tout des ados justement, et le film s’attache à nous le rappeler : que ce soit dans l’apprentissage d’un métier ou du français ou dans les méandres de l'administration, il y a toujours cette étincelle propre aux enfants en train de devenir grands, et tout devient plus intense : les réussites comme les peines.
Il y a par exemple Aminata qui appelle sa mère au pays pour lui souhaiter un bon ramadan, et qui essaye de compenser par une joie de vivre presque forcée la distance émotionnelle entre elles depuis son départ, ou encore Khalil, qui en plus de devoir apprendre le français cherche son futur métier et oscille entre bonne humeur et découragement. Toutes les palettes de leurs émotions transpercent l’écran et on se retrouve suspendu à leurs prochaines apparitions. Le montage alterne entre leurs histoires avec justesse, mais la mise en scène et la bande son parfois très présente atténuent presque trop le côté brut qui émane de ces émotions. Il n’y avait pas besoin d’en faire plus, c’est une histoire universelle racontée pour une fois du point de vue des plus jeunes et c’est là toute sa force.
Océane CachatEnvoyer un message au rédacteur
