TOUCH
L’Amour, cet oiseau rebelle
Synopsis du film
Kristofer, un islandais de 73 ans, se met en tête de retrouver son amour de jeunesse, même si cela implique pour lui de voyager jusqu’au bout du monde…
Critique du film TOUCH
Depuis qu’il était parti à Hollywood, le cinéaste Baltasar Kormákur nous avait plutôt habitué aux thrillers d’action bien bourrins, type "Beast" ou "Contrebande". Mais pour son retour, en partie, dans son pays natal, le réalisateur s’attaque cette fois au genre ô combien périlleux du mélodrame. Si l’exercice n’est pas pleinement réussi, il évite les principaux écueils et maintient son récit toujours du bon côté, refusant la surenchère de guimauve qui frappait constamment à la porte de l’intrigue. L’histoire nous balade ainsi entre l’Islande contemporaine et le Londres des années 60, où le personnage principal a jadis travaillé dans un restaurant japonais, y trouvant surtout l’amour auprès de la belle Miko. Devenu septuagénaire et veuf, le protagoniste va se lancer dans le projet fou de la retrouver, permettant aux spectateurs de découvrir en filigrane leur romance.
Si le métrage coche toutes les cases de l’idylle fongible, avec ses flashbacks omniprésents, ses belles mélodies et les différentes séquences attendues d’une relation entre deux individus d’origines différentes, "Touch – Nos étreintes passées" déterre son originalité dans les traumatismes vécus par Miko et sa famille. Pudiquement et subtilement, le film invite une mémoire collective à une chronique intimiste, en s’emparant du sort des survivants d’Hiroshima. Pas question d’ériger cet évènement comme un simple ressort scénaristique, mais d’intégrer leurs sentiments et la marginalisation qui en découle comme un effluve qui imprègne toute l’entreprise.
Probablement trop longue pour véritablement émouvoir, en particulier durant son prévisible dénouement, cette nouvelle réalisation de Baltasar Kormákur demeure une œuvre attendrissante à défaut d’être pleinement saisissante. Et en épurant sa mise en scène, l’auteur de "Jar City" réussit sa parenthèse, loin de l’outrance de ses derniers projets outre-Atlantique. De ces blessures dont on ne guérit jamais, il en tire un portrait délicat où la tendresse n’est pas feinte, et où les rendez-vous manqués ne sont pas synonymes de fatalité. À vous de vous laisser embarquer par ce voyage romanesque et romantique aux quatre coins du globe.
Christophe BrangéEnvoyer un message au rédacteur





