TIMIOCHE
Des aventures pleines de tendresse
Synopsis du film
Un jeune hippopotame s’ennuie et aimerait avoir un ami ; une petite fille s’inquiète du sort d’un poisson attrapé par un pêcheur ; un poisson-ballon gonfle dès qu’il a peur et fait ainsi fuir les autres ; un petit poisson invente constamment des histoires invraisemblables pour justifier ses retards à l’école…
Critique du film TIMIOCHE
Depuis "Le Gruffalo" en 2009, la société Magic Light Pictures a trouvé un créneau très spécifique : adapter les albums de jeunesse écrits par Julia Donaldson et illustrés par Axel Scheffler. "Timioche", coréalisé par Andy Martin et Alex Bain, est ainsi la douzième adaptation de leur œuvre par le studio britannique ! Et c’est encore une jolie réussite avec ce petit poisson tellement rêveur qu’il en devient mythomane au point que plus personne ou presque ne le croit. Avec cette histoire de poisson qui va à l’école, il est possible de penser au "Monde de Nemo" au tout début, mais les similitudes sont finalement assez limitées, y compris visuellement (on reste dans l’esthétique habituelle de Magic Light).
Comme tout conte, il y a bien un petit côté répétitif (et prévisible), mais c’est pour la bonne cause : il faut laisser les choses s’installer pour que la routine soit ensuite brisée. Le récit aurait pu n’être qu’un énième conseil à ne pas crier constamment au loup au risque de ne pas être cru quand un véritable danger arrive, mais la leçon est finalement moins manichéenne avec la conclusion qu’on ne dévoilera évidemment pas. Tout ce qu’on dira, c’est que c’est une belle ode en faveur de l’amitié et de l’imagination.
Avant "Timioche" (2024 ; 23 minutes), le programme proposé par Les Films du Préau se compose de trois autres courts métrages, non issus de l’écurie Magic Light mais tout aussi plaisants et mettant tous en scène des animaux aquatiques. La compilation s’ouvre avec le mignonnet "Ummi et Zaki" (2024 ; 4 minutes), de l’Allemande Daniela Opp, caractérisé par son animation enfantine et son récit qui ressemble à un conte africain et qui met là aussi en avant la force de l’amitié. C’est assez simple, mais c’est charmant. Suit le plus sombre de la sélection, "Petit Poisson" (2007 ; 9 minutes), de Sergei Ryabov, est un produit typique de l’école russe, avec son mélange de dessin et de papier découpé, et son onirisme à la fois poétique et mélancolique, où un pêcheur fait figure d’ogre – les plus petits seront peut-être temporairement impressionnés – et où la force de l’imaginaire permet à une petite fille de faire revivre un poisson dans sa pensée. Enfin, juste avant "Timioche", est proposé "Le Poisson-ballon" (2022 ; 4 minutes), de Julia Ocker (dont une autre œuvre avait déjà été proposée en France en pré-programme d’un film de Magic Light Pictures : "Le Chat", avant "Macpat le chat chanteur"). Tout comme "Le Chat", "Le Poisson-ballon" est un épisode d’une série allemande non diffusée en France ("Animanimals") ; à la fois amusant et choupinet, ce petit film coloré devrait ravir tout le monde.
Raphaël JullienEnvoyer un message au rédacteur

