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THE THEATRE BIZARRE

Grand Guignol

Une anthologie de l’horreur fondée sur la tradition théâtrale du Grand Guignol et réunissant sept courts-métrages réalisés par sept cinéastes du genre…

Un dur exercice que le film à sketchs, pourtant régulièrement revisité, quel soit le genre abordé. Co-produit par les Français de Metaluna, "The Theatre Bizarre" plonge dans l’horreur, pour un résultat forcément contrasté. Sept cinéastes pour autant de cauchemars, certes inégaux mais cohérents dans leur approche particulièrement graphique de l’horreur : sexe, gore et visions monstrueuses sont au programme, pour le plus grand plaisir des fans du genre. Suivez le guide !

Richard Stanley, cinéaste culte des années 90 ("Hardware") et oublié depuis, ouvre le bal de l’horreur avec "The Mother of Toads". Une monstrueuse histoire lovecraftienne, hantée par la présence de l’actrice Catriona MacColl, icône de l’épouvante italienne vu dans le "St Ange" de Pascal Laugier, qui mêle mythologie des Grands Anciens (ici, la Mère des Crapauds) et campagne française avec un goût prononcé pour le sexe poisseux et les créatures en latex. Du tout bon, pour qui aime les histoires de monstres !

Réalisateur du culte "Combat Shock" et de "No Way Home" avec Tim Roth, Buddy Giovinazzo livre quant à lui le dérangeant "I Love You", histoire d’amour tordue et sanglante. Classique dans son traitement, le segment vaut surtout pour l’interprétation fiévreuse du comédien allemand André Hennicke (aperçu dans "La Chute") et son dénouement franchement gore, affirmant avec virulence que la jalousie peut pousser l’être humain dans ses extrêmes.

Ancienne star des effets-spéciaux de maquillage ("Zombie", "Vendredi 13", "Maniac") passée à la réalisation il y a 22 ans avec le remake de "La Nuit des morts-vivants", Tom Savini revient au gore qui tâche avec "Wet Dreams", exploration délirante et sexy des rêves de meurtres d’un jeune homme infidèle. Accompagné de la légendaire Scream Queen Debbie Rochon, il campe un psychiatre aux méthodes extrêmes. Torture oculaire, écartèlement outrancier et scie électrique meurtrière sont au programme de ce segment déjanté qui ravira les plus endurcis.

"The Accident" de Douglas Buck est le plus classique du lot. Point de monstre, de sexe déviant ou d’immoralité réjouissante, mais une réflexion amère, et visuellement magnifique, sur la mort et ses conséquences. On se demande un peu ce que ça vient faire au milieu des autres segments, mais pour un temps, Buck parvient à nous faire oublier son précédent métrage, l’affreux "Sisters". C’est déjà ça de pris !

Réalisateur d’étranges films fauchés, également chef-opérateur à ses heures, le Canadien Karim Hussain s’est souvenu de son enfance passée aux côtés de junkies pour son très dérangeant "Vision Stains", cauchemar absolu qui voit une droguée s’injecter dans l’œil les souvenirs volés à d’innocentes victimes. Faux huis-clos malsain et pernicieux, il bénéfice du talent de l’inconnue Kaniehtiio Horn (aperçue dans "Les Immortels") et s’impose comme le plus extrême des sept opus. Âmes sensibles, attention.

Réalisateur de multiples documentaires et du film d’horreur "Plague Town", David Gregory livre, in fine, le meilleur segment (avec le premier), le peu ragoutant "Sweets", fausse histoire d’amour culinaire mais vrai délire cannibale. Coloré, dégueulasse, l’opus ira crescendo jusqu’à une ultime orgie gore apte à retourner l’estomac des plus aguerris. Jouissif, malgré tout…

Un film à sketchs ne serait rien sans un fil conducteur, et l’on doit celui de "The Theatre Bizarre" à Jeremy Kasten, spécialiste de spectacles underground, dont le "Theatre Guignol" vient faire le lien entre les épisodes. Mené par un Udo Kier en grande forme, il résume chaque segment par un déroutant jeu de marionnettes, dont la finalité en forme de pied de nez viendra clore en beauté un spectacle qu’on n'attendait pas si réjouissant.

Frederic WullschlegerEnvoyer un message au rédacteur

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