THE WEED EATERS
« Jamin » n’aura plus jamais le même goût
Synopsis du film
Un groupe d’amies décide de louer une grange perdue au beau milieu de la cambrousse américaine pour fêter la nouvelle année. Quelle chance alors de tomber sur la réserve de cannabis du propriétaire : la soirée est assurée ! Mais c’était sans compter sur le fait que cette fumette là provoque une fringale, non pas de sucre, mais de chair humaine…
Critique du film THE WEED EATERS
Autant que frémir, ce qu’on aime au Festival de Gérardmer, ce sont bien les franches rigolades devant une bonne comédie d’horreur. Et Dieu sait que ce sous-genre n’est pas évident à contrôler et rendre stable. Beaucoup de comédies d’horreurs grattent à peine la surface et restent au niveau de la blague grasse remplie d’hémoglobine et on se souvient de titres comme "American Burger", passé au festival en 2014, où la blague bien que drôle au départ (des lycéens visitent une usine de fabrication de burgers avant de comprendre qu’ils en sont le principal ingrédient) ne tenait pas sur la durée par manque de réel fond et de mise en scène. Évidemment que "Shaun of the dead" est au panthéon de ce qu’il se fait de mieux dans ce registre aux côtés de "Tucker et Dale fightent le mal" et on ne s’attend pas tous les quatre matins à des productions de ce niveau, soyons honnêtes.
C’est là où "The Weed Eaters", couronné à ex-aequo du prix de Jury avec "Cadet", arrive à trouver sa place quelque part entre la bonne boutade de fin de soirée et le retournement d’estomac quand il s’agit de frapper un peu plus fort que d’habitude. Alors qu’on s’attendait à un emballage formaté, l’une des qualités du long métrage de Callum Delvin est bien sa mise en scène qui se fait assez discrète pour laisser le talent comique de ses comédiens s’exprimer ou tout d’un coup plus sombre et ambiguë lorsqu’il s’agit des séquences concernant le dévorage de chaire humaine. Avec sa bande sonore jazzy discordante, le malaise et la sensualité se confondent, alors qu’un couple commence à mélanger cervelle et grosse galoche.
Sorte de pont entre un Sam Rami et ses "Evil Dead" et l’outrance de Peter Jackson des débuts avec "Braindead" et "Bad Taste", "The Weed Eaters" confirme sa place d’outsider qu’on n’attendait pas sur terrain là. On rigole tant que notre petit cœur se brise au fur et à mesure de voir ces hippies se déchirer littéralement les uns les autres. On ne sait pas s’il méritait un prix, mais il mérite votre attention et on espère que la carrière de Callum Delvin, qui signe son premier long métrage en endossant aussi les casquettes de scénariste, producteur et de monteur, soit longue et prospère au vu de ce premier essai certes pas exempt de défauts, mais suffisamment honnête et juste dans sa démarche pour que la taffe vaille le coup.
Germain BrévotEnvoyer un message au rédacteur


