THE UGLY
Pas si « Ugly » que ça
Synopsis du film
Un père et son fils vivent reclus et en paix. Le patriarche est aveugle de naissance mais considéré comme un miraculé par la communauté locale pour la fabrication de sceaux réputés. Et lorsqu’une équipe de documentaire décide de réaliser un portrait du vieil homme, un élément oublié d’un passé lointain refait surface et risque bien d’entacher la réputation de l’entreprise familiale…
Critique du film THE UGLY
Le cinéaste Yeon Sang-Ho est connu pour ses faits d’armes dans l’univers zombiesque, notamment avec la claque "Dernier Train pour Busan". Malheureusement il a enchaîné depuis avec des projets beaucoup moins qualitatifs ("Peninsula", "Colony" ou encore sa série "The Grey") et le voir s’attaquer à un sujet plus terre à terre, proche du mélodrame, ne pouvait que titiller notre curiosité. Le film commence bien, avec cette introduction où l’on présente un père aveugle, artisan renommé de sa région, accompagné par son fils qui semble écrasé par l’héritage paternel. Mais le vrai enjeu du film survient quand un cadavre vieux de 40 ans se retrouve déterré accidentellement, les restes humains étant potentiellement ceux de sa mère que le fils n’a pas connue. Accompagné par une jeune reportrice, celui-ci va alors se mettre en quête de vérité.
Très vite, on sent que ce qui importe au cinéaste est bel et bien cette vérité, permettant de se délaisser de cycles infernaux et de tabous familiaux ancestraux. Les deux investigateurs de fortune vont alors remonter à l’époque où la génitrice travaillait dans un entrepôt de textile où elle subissait des moqueries sur son physique réputé pour être monstrueux. Nous ne dévoilerons pas les quelques surprises que le film réserve, mais il est évident que le point d’interrogation quant à la nature de cette monstruosité sera au cœur du film (le réalisateur évite de la filmer entièrement dans les flashbacks). Une certaine sensibilité se dégage alors, grâce aux jeux de comédiens investis et à une histoire franchement haletante.
On regrettera cependant que le film se contente de tout raconter par flashbacks (aussi intéressants soient-il) créant une sensation de surplace quant à l’intrigue du présent, ce qui entache quelque peu le rythme du métrage. Mais le film se réveille dans ses 20 dernières minutes et nous assène un grand coup de couteau dans le cœur, que l’on n’avait pas vu venir. Le cinéaste semble alors plus à l’aise dans ce mélodrame saupoudré de suspense, qui parle avant tout de son pays, de sa reconstruction et des débuts liés à une évolution rapide. Il pose au final un regard touchant sur cette nouvelle génération en quête de réponses. Si "The Ugly" n’est pas un grand film, il est au moins un témoignage d’une période oubliée.
Germain BrévotEnvoyer un message au rédacteur



