THE SHADOW'S EDGE
Un thriller virevoltant, avec un Jackie Chan en grand forme
Synopsis du film
A Macao, le système de surveillance de la police est particulièrement développé, avec des milliers de caméras dans les rues et immeubles, et l’aide d’une IA surnommée Spice Girl. Pourtant, un mystérieux mafieux et son équipe, doués en transformations, parviennent à leur échapper, dérobant près de 60 millions en crypto-monnaie, grâce notamment au piratage du système. La police fait alors appel à un vieux briscard, Wong, afin de retrouver ce mafieux, qui n’est autre que Shadow, un homme disparu des radars en 1999 et que personne jusque là n’avait réussi à prendre en photo…
Critique du film THE SHADOW'S EDGE
Ce film policier, qui marque le retour de Jackie Chan sur les écrans français après quinze ans d'absence, est particulièrement réussi, maintenant le suspense jusqu'au bout, en parvenant à nous faire trembler pour son duo de protagonistes : un vieil expert de la police, Wong, devenu dog sitter, et une jeune flic, Guo, qui en veut. Démarrant avec un braquage aux multiples rebondissements, convoquant changements de tenues et postiches, utilisation de modes de déplacements divers (même par les airs, en parachutes ou saut à l’élastique...), castagnes en lieux exigus (ascenseur...) et piratage de système informatique, le long métrage s'engage dans une traque urbaine d'une ampleur impressionnante et un jeu d'infiltration, où les deux personnages devront improviser à chaque instant, en tâchant de ne jamais se retrouver piégés.
La scène de repérage au marché est notamment une véritable leçon de montage, rendant haletant ce passage pourtant en apparence assez classique. Les jeux de faux semblants sont des plus réjouissants, et le don du mafieux pour l'usage du couteau, comme les chorégraphies savamment réglées, offrent un véritable spectacle. Quant au lien entre les deux flics qui servent de héros, il se dévoilera peu à peu, pour mieux apporter sa petite touche d'émotion et une leçon pas si idiote sur l’héroïsme. Quant à l'usage alternatif de plans zénithaux sur rues et véhicules, de suivi des équipes et fuyards sur des cartes projetées, et de cadrages rapprochés sur poursuivants comme poursuivis, il permet d'insuffler à l'ensemble un rythme intense, qui ne faiblit quasiment jamais.
De petites touches d'humour viennent de plus égayer des décors aux couleurs particulièrement lugubres et les scènes où s'exprime l'aspect borderline et sans pitié de l'antagoniste (plaisanteries à demi-mots autour de sa rivalité avec ses jumeaux ; noms de codes pour les filatures ; utilisation des éléments d'une blanchisserie pour l'un des affrontements…) sont particulièrement réussies dans leur tension. Au final, "The Shadow's Edge", dont une scène post-générique semble déjà annoncer une suite (qu'on attend, du coup, avec impatience), est un polar virevoltant, aux combats réjouissants et à l'intrigue retorse à souhait, à découvrir forcément sur grand écran.
Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur
