Parce qu'on en a jamais assez !

THE NORTH WIND

Un film de Renata Litvinova

Une sublime direction artistique pour un film à l’étrangeté envoûtante

Margarita tient d’une main de maître sa famille, « le clan du Nord », et reçoit chaque année ses proches et quelques invités pour la veillée du jour de l’an, croyant en la tradition qui veut qu’on enterre de l’argent sous terre, par précaution, et en le mystérieux pouvoir de la 13ème heure, qui pourrait nous ramener un amour disparu. Mais le destin frappe sa famille, l’hôtesse de l’air que son fils devait épousée étant victime d’un crash…

The North Wind film movie

"The North Wind" s'ouvre aussi mystérieusement qu'il se clôturera. La première scène, commentée par l'héroïne en voix-off, nous montre Margarita s'enfuyant, sur un barrage, accompagnée par les deux seules personnes qui seraient encore à ses côtés, son secrétaire et son valet. Puis ce film russe, nous ramène 30 ans en arrière, lors d'une soirée de réveillon, rituel qui servira à chacune des ellipses, pour réaliser un nouveau saut dans le temps, et écrire l'histoire de cette famille pas comme les autres. Une histoire étalée sur plusieurs décennies, où les veufs se marient, les enfants grandissent, mais le chagrin persiste, inexorablement.

Une histoire en forme de saga familiale, adoptant le principe d'un huis-clos, où la demeure évolue avec le temps, la végétation envahissant couloirs et murs, en même temps que le papier peint se défraîchit, alors que certains des personnages semblent à peine vieillir. Située dans un milieu bourgeois évoquant la noblesse russe du début du XXe siècle, les personnages sont richement vêtus, et l'opulence règne, à l'image de la décoration de la pièce principale, ornée d'un sapin croulant sous les guirlandes et d'une immense véranda, mais aussi des impressionnants gibiers qui trônent sur la table des convives.

Autour d'un récit de passion, le drame se noue peu à peu autour de plusieurs amours contrariés, dévoilant le mépris pour certains membres de la famille (dont les pièces rapportées), figures fantomatiques ignorées en fond de plan. Marquant un certain contraste, le prétexte à la fête marque sa domination et provoque quelques surprises dans sa démesure, comme avec l'apparition de la cantatrice... Planent ici l'ombre de la guerre, qu'elle soit révolution ou non, et la notion de destin sans pitié avec cette famille de privilégiés. Au final, "The North Wind" dessine comme un changement d'époque, un espoir intime de vent qui tourne, et joue savamment sur l'envoûtement visuel pour mieux nous envelopper d'un épais mystère.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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