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THE MANDALORIAN AND GROGU

Un film de Jon Favreau
 

POUR : Un dernier gros épisode plutôt honnête

Synopsis du film

Alors que les événements du « Retour du Jedi » sont passés et que les restes de l’Empire se cachent six pieds sous terre afin de préparer leur retour, le Mandalorian et son fidèle compagnon Grogu sont chargés d’une mission pour libérer le neveu du terrible Jabba le Hutt. Mais évidemment, rien ne va se passer comme prévu…

Critique du film THE MANDALORIAN AND GROGU

Parmi les séries dérivées de la saga "Star Wars" figurent deux plus remarquables que les autres, l’excellent "Andor", description glaçante de la montée du fascisme impérial précédant le meilleur long métrage de la saga ("Rogue One"), et "The Mandalorian", qui aura eu droit à trois saisons sous la houlette de John Favreau, créateur, scénariste et parfois réalisateur. En guise de conclusion, l’homme à qui l’on doit aussi "Iron Man", nous livre donc aujourd’hui un long métrage que Disney a choisi de ne pas montrer à Cannes, alors que sa sortie coïncide avec la seconde semaine du festival, sans doute par crainte d’une réception aussi froide que pour son très décevant "Solo". Et ce film tant attendu ne sera ni le grand film d’aventure espéré, ni le navet tant décrié par certains.

C’est certain, le long métrage brille bien plus par sa capacité à nous emmener dans des décors marquants, fourmillant de mille détails, et à générer de nouvelles créatures en images de synthèses, toutes plus intrigantes les unes que les autres (on aurait aimé en savoir un peu plus sur chacun des prisonniers devant combattre dans l’arène…) même si on aurait pu se passer du nouveau coéquipier du héros, que par son scénario, réduit en quelque sorte au minimum. Pourtant ce gros épisode final vient plutôt compléter de manière cohérente une série qui trouvait déjà des ramifications dans d’autres ("Boba Fett", notamment…), permettant aux fans de Grogu (ou « bébé yoda » comme ils l’avaient surnommé), gagnant ici quelques capacités tout en restant trognon, d’en avoir pour leur argent, celui-ci confirmant son statut de facteur clé dans la survie du personnage interprété par celui qui est devenu une star planétaire depuis : Pedro Pascal. Pas un épisode magistral, donc, mais un divertissement tout à fait correct.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

CONTRE : ça Mandal rien dans la galaxie lointaine

Jon Favreau, réalisateur plus technicien que véritable cinéaste, a pour fait d’armes les deux premiers "Iron Man" et d’autres projets plus ou moins dispensables (coucou le remake live du "Roi Lion"), mais il s’est fait remarquer par son soin apporté sur la série "The Mandalorian", qu’il a chapeautée lui-même. Entre soins apportés aux effets, décors, costumes, mais aussi aux personnages, la saison 1 avait de quoi réjouir, avant que les choses se gâtent. Et nous voilà 8 ans après la sortie du catastrophique épisode 9 de la saga Star Wars, "L'ascension de Skywalker", avec une nouvelle proposition et nous n’allons pas y aller par quatre chemins mais la douche est glaciale.

Nous n’en attendions rien de particulier, mais nous sommes quand même déçus. Déjà parce que le projet sent le roussi dès la première heure, avec des scènes d’action sans idées, au montage hasardeux et beaucoup trop courtes. Comme si chaque petit moment de bravoure devait tenir dans un épisode de 40 minutes… Attendez, on me dit dans l’oreillette que Disney avait potentiellement prévu le projet comme une suite directe de la série, en lieu et place d’une saison 4, et initialement prévue pour la plateforme du géant aux grandes oreilles, Disney +. Et il n’y a pas besoin d’avoir un bac +5 pour comprendre que le produit qu’on nous présente aujourd’hui en salle n’est alors qu’une suite d’épisodes seriels mis bout à bout pour en faire un film. Et on pourrait pardonner si le sens de l’aventure, de la magie et de l'émerveillement propre à la saga Star Wars faisait partie de la danse, mais là encore le coche est loupé.

Le film ne s’engage que timidement sur son histoire principale, tant et si bien qu’on a l’impression de suivre les pérégrinations de Mando sur France 4, tant l’ensemble manque de substance et d’une réelle direction. Le point névralgique du scénario, à savoir sauver le neveu Hutt, ne s’engage vraiment que trop tard et même si peu à peu le film s’amuse à dévoiler des galeries de monstres aux designs forts sympathiques, aucune séquence n’a assez d’idées novatrices ou un tant soit peu d’énergie pour convaincre. Pire, on a juste l’impression d’être dans "Thor Ragnarok" dans l’arène en compagnie de Thor et Hulk, tant les séquences se ressemblent (mêmes enjeux, mêmes rebondissements). La seule scène qui tire vraiment son épingle du jeu c’est lorsque le jeune Grogu doit s’occuper d’un Mondo alité. Le film développe enfin quelque chose, on commence à y croire de nouveau, avant que tout ne reparte sur des rails bien balisés. Même la bande son de Ludwig Göransson ("Tenet") ne permet pas à l’ensemble de décoller ou de sentir une pointe d’épique dans cette épopée intime.

On a vraiment la sensation d’avoir affaire à une quête annexe plus que dispensable, qui n’amène rien au niveau mythologique (l’Empire prépare son retour, mais en fait non) et bouscule encore moins son duo qui aurait pu être confronté à un vrai arc narratif évolutif. Rien de tout ça hormis la caméra molasse de Jon Favreau et quelques décors sympathiques. Pour un retour en fanfare c’est raté, "The Mandalorian and Grogu" préfère rentrer par la petite porte et sortir par les égouts de honte d'embarrasser la franchise. Même un coup d’épée dans l’eau fait plus d’éclat.

Germain BrévotEnvoyer un message au rédacteur

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