THE LONELIEST MAN IN TOWN

Un film de Tizza Covi et Rainer Frimmel

Le spleen du dernier occupant

Synopsis du film

Alois Koch écoute du blues. Seul dans son appartement, il décore son sapin de Noël et parle tout seul, ou ponctuellement au téléphone. Après une panne d’électricité, il sort sa guitare et entonne une version de « douce nuit ». Dernier occupant d’un immeuble de Vienne, qui va être rasé en faveur d’un projet immobilier, il compte bien rester dans son appartement, en refusant les offres d’achat qui lui sont faites…

Critique du film THE LONELIEST MAN IN TOWN

Figure légendaire du blues, Al Cook joue ici son propre rôle, dans une fiction signée Tizza Covi et Rainer Frimmel ("La Pivellina", "L'éclat du jour", "Vera"). Loin du documentaire, en termes de récit comme de facture (une élégante photographie, à la caméra posée), "The Loneliest Man in Town", passé par la compétition du Festival de Belin 2026, aborde le vieillissement d’une idole, surdoué de la guitare, au travers du prisme de la solitude, exposant la routine et le spleen du personnage désargenté, alternant concerts confidentiels dans un bar et préparatifs d’un départ comme un retour aux sources : vers le delta du Mississippi, lieu de naissance du blues. Tournant rapidement autour de l’abandon de l’appartement, le film, malgré quelques pointes d’humour concernant le comportement harceleur des acheteurs, peine à trouver son équilibre.

C’est la nostalgie d’une époque qui pointe son nez avec ces objets et ces lieux que l’homme s’apprête à laisser derrière lui (les allusions aux 78 tours, les vidéos VHS…), les liens qui existent encore avec une ex-femme qui ne comprend pas leur séparation il y a 50 ans. Des éléments qui affirment le passé comme vecteur de tout ce qui reste de vie et d'élan. Un aspect que le côté apathique et absent du protagoniste principal vient confirmer à l’excès, tendant vers les personnages ou univers d'Aki Kaurismaki, sans en atteindre jamais la saveur. Reste une certaine élégance de la mise en scène, filmant l’appartement qui se vide peu à peu, comme la vie de l’homme (Alois Koch) et la célébrité (Al Cook) semble s’en aller.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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