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THE HOLY BOY

Un film de Paolo Strippoli

Un conte fantastique et horrifique italien, plutôt réussi

Synopsis du film

Sergio Rossetti, professeur d’éducation physique, arrive, en deuil de son fils, dans le petit village de montagne appelé Remis, situé en Italie dans la vallée des sourires. Ancien champion de judo, il est accueilli à bras ouverts par la directrice, mais se voit déjà désavoué lorsqu’il demande à un élève isolé de rejoindre les autres pour s’entraîner, alors que celui-ci n’a pas de mot d’excuse ou de dispense médicale. Mais bientôt, il va s’apercevoir que la communauté chérit particulièrement ce garçon, Matteo, doté d’un don dont beaucoup usent régulièrement, à l’exception notamment de son sauvage de voisin…

Critique du film THE HOLY BOY

L’introduction de "The Holy Boy", titre anglais qui en dit déjà beaucoup, permet de situer la douleur du personnage principal, arrivant dans la Vallée des sourires (titre italien du film), qui, lui, porte un peu plus de mystère. Glaçante, la première scène présente, en un plan fixe depuis la table de la cuisine, à la manière d’une vision subjective, le suicide d’une mère s’éloignant vers la fenêtre du fond, après avoir tenté de nourrir son bébé, dont la cuillerée n’était visiblement pas à son goût. Installant dans la foulée une ambiance étrange, autour de l’arrivée du professeur et de l’insistance de certains habitants sur le bien-être qui règne dans la petite ville, Paolo Strippoli parvient à nous tenir en haleine par de petits détails (un voisin fuyant qui épie, une soudaine démangeaison lorsqu’une tristesse est exprimée, des comportements irrationnels à l’école, des femmes qui prient sous une fenêtre…).

A la fois description d'un pouvoir autant bénéfique que malsain, peinture des agissements d’une communauté sous influence, que réflexion sur la nécessité de la douleur lors du deuil, "The Holy Boy" séduit par l’ambiguïté de certains de ses personnages. Qu’il s’agisse du fameux adolescent que tout le monde chérit, de son père qui fait commerce de ses services et assure par là sa propre position sociale, des raisons du professeur d’’avoir déménagé ici, de l’amicale barmaid ou même du prêtre, tous en réalité peuvent faire volte face dans leur comportement. Si le film verse progressivement dans le genre horrifique, on saluera les fulgurances de violence de certaines scènes (lorsque le prêtre s’en mêle par exemple) tout en notant les limites d’une conclusion qui aurait pu éviter quelques surenchères. Une chose est sûre, le film de genre italien n’est pas mort, et cette séance de minuit du dernier Festival de Venise, le prouve amplement.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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