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THE GREAT GREEN WALL

Un film de Jared P. Scott
Avec Inna Modja...

« Rise »

Lancée en 2007, la grande muraille verte est un projet réunissant de nombreux pays d’Afrique. Il s’agit de planter plus un mur d’arbres de 8 000 km et initialement 15 km de large, le long du Sahel, du Sénégal à l’Éthiopie. Une manière de tenter de contenir et réduire la désertification, mais aussi de créer des emplois. La musicienne malienne Inna Modja parcoure son tracé, faisant des rencontres, aussi bien humaines que musicales…

The great green wall film documentaire image

C’est donc l’actrice-chanteuse-productrice malienne Inna Modja qui nous invite à la suivre, désireuse à la fois de raconter l’histoire de ce projet, d’aller à la rencontre de ceux qui le font vivre, comme de donner de l’espoir à tout un continent, au travers d’un futur album conçu à travers de multiples collaborations et donc influences. Encourager les peuples et dirigeants à contribuer, mais aussi une jeunesse débordante à rester sur place et croire en un avenir, sont donc les maîtres mots de ce documentaire impliqué, aussi intéressant humainement qu’esthétiquement magnifique.

Car il y a bien des données qui sont dévoilées au fil du métrage, laissant tantôt inquiet ou perplexe, tantôt optimiste. Expliquant qu’il s’agit là d’une initiative réunissant de nombreux État africains, un bémol est cependant affiché sur la fin, des dignitaires indiquant que les investissements sont surtout étrangers avant d’être locaux, et une représentante de l’ONU affirmant qu’il s’agit plus d’une idée connue internationalement que d’un « élan local ». Pourtant c’est bien cette implication locale des communautés qui est montrée tout au long du film et des différentes haltes au Sénégal, Mali, Nigeria, Niger, et en Ethiopie, ceci malgré les inégalités de richesse, les impacts du changement climatique et conflits (autour du lac Tchad notamment avec Boko Haram).

Du nombre d’enfants par femme au Niger (7 en moyenne), à la perspective de 60 millions de jeunes souhaitant passer en Europe d’ici à 2050 (ou 2045 selon les intervenants), c’est bien une perspective de vie meilleure ou de « rêve africain » qu’il s’agit de créer. Et le film (comme l’album) apporte en ce sens lui-même une pierre à cet édifice, en tâchant notamment de changer le regard du spectateur, par exemple sur la possibilité d’éducation ou implication des femmes, comme sur le présent de l’Éthiopie, trop souvent représentée comme lors de la famine des années 80, protégeant aujourd’hui sa richesse en eau. Politique et impliqué, "The great green wall" propose une approche aussi pédagogique que touchante.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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