THE FIN
Un univers glaçant en soi
Synopsis du film
Dans une Corée du sud ravagée par la maladie et la pollution, les humains sont regroupés dans des colonies, formant une Corée réunifiée de 4000 km2, ceinturée de murs gigantesques. A l’extérieur, des humains mutants appelés les Omegas, traqués, sont utlisés pour ramasser les déchets toxiques. Mais alors que l’un des Omegas décède sur la cote, la jeune recrue Sujin , employée dans les brigades du gouvernement, commence à remettre en cause le système…
Critique du film THE FIN
Une belle surprise parmi les films de genre sud-coréens que ce "The Fin", récit d'anticipation situé dans un univers dystopique, où la Corée a été réunifiée mais murée, le reste du monde n'étant que pollution. Les premières images marquent d'ailleurs de ce point de vue, avec un ciel et une mer rougeâtres, un arc en ciel noir, et des gens en guenilles qui ramènent des éléments, et semblent nettoyer les lieux. Ceci avant que n'apparaissent ces brigades en cirés jaunes, masquées, reconnaissables par leur aspect presque immaculé et lumineux par rapport au reste. Centrée sur une jeune recrue, Sujin, s'interrogeant sur le traitement réservé aux Omegas (mutants aux pieds, colonne et cordes vocales déformés), une jeune femme travaillant dans un bar à poissons et un jeune homme souhaitant faire enterrer l'une des victimes, cette histoire parvient non seulement à renouveler la curiosité et maintenir le suspense, mais aussi à transmettre de l'émotion sur la fin.
Mais c'est surtout du point de vue visuel que le film sort du lot et impressionne. Arborant des effets spéciaux minimalistes, c'est sur les couleurs que le plus gros du travail est porté, générant des ambiances de fin du monde inquiétantes et lugubrement belles. L'endroit où tous se croisent, tel un lieu de perdition moderne où l'on ne vient pas prendre sa dose de drogue, mais de pêche, avec un bassin empli de poissons d'élevages (dans un monde où la mer est désormais impraticable et mortelle), devient une parabole fascinante du besoin d'évasion. Chacun s'y endort, doucement, les quelques passages de l'intrigue s'y déroulant flirtant avec l'hypnotique. Au final "The Fin" est un film d'anticipation ambitieux à l'ambiance particulièrement réussie, qui impose son intrigue entre frayeur du totalitarisme et de l'exclusion, et persistance d'un brin d'humanité.
Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur
