THE CRIMINALS
Un braquage qui perd son nord en route
Synopsis du film
En plein chantier de construction, un obus de la seconde guerre mondiale est retrouvé. Immédiatement, le protocole de sécurité est mis en place et la zone évacuée. Ne serait-ce pas le meilleur moment pour réaliser un braquage ?
Critique du film THE CRIMINALS
Depuis l’excellent "Comancheria", David Mackenzie semblait avoir perdu de sa superbe, notamment cette qualité à redessiner les contours d’un genre, en venant lui injecter une multitude de tonalités. Après les franchement oubliables "Outlaw King : Le roi hors-la-loi" et "L’Intermédiaire (Relay)", "The Criminals" semblait posséder toutes les qualités pour remettre le cinéaste britannique sur le devant de la scène, à travers une œuvre protéiforme, entre le thriller, le film d’action et le récit de braquage. Les premières minutes sont d’ailleurs particulièrement alléchantes : au cœur d’un chantier de construction, une bombe de la seconde guerre mondiale est retrouvée. Une équipe de démineurs est alors dépêchée sur place, le quartier évacué et la police supervise le tout depuis leur QG. Une opération savamment millimétrée et presque banale.
Le grain de sel dans cette machine bien huilée ? Un groupe de quatre hommes qui profite de ces rues désertes pour braquer les coffres bien remplis en pierres précieuses d’une banque. Débute alors un jeu de dupes aux multiples ramifications, où l’intrigue ne cesse de rajouter des parties prenantes et des retournements de situation. Et si le métrage ne manque pas de rebondissements, il lui manque probablement un fil conducteur plus compact pour éviter à l’ensemble de sombrer dans une surenchère caricaturale, où l’invraisemblable remplace inéluctablement la surprise et le spectaculaire.
C’est dommage, parce que "The Criminals" avait réussi à poser les fondations d’un « heist movie » singulièrement original, aussi bien par sa mise en scène que par la qualité scénaristique de son postulat. Mais à force de vouloir terminer chaque séquence par un twist, le film se perd totalement en route, abandonnant le spectateur à un final abracadabrantesque, pour user d’un euphémisme. Un bon début, c’est déjà pas mal non ?...
Christophe BrangéEnvoyer un message au rédacteur


