Festival Caravane des Cinémas d’Afrique 2026 Bannière

THE BLOOD COUNTESS

Un film de Ulrike Ottinger

Une excentricité assumée pour une fable baroque et déjantée

Synopsis du film

La comtesse Báthory vient faire un séjour à Vienne pour participer à des festivités avec ses congénères vampires. Toujours animée par la soif d’une éternelle jeunesse, elle est aussi sur la piste d’un livre légendaire qui aurait la capacité à annihiler l’immortalité des vampires. Mais elle n’est pas la seule à convoiter l’ouvrage…

The Blood Countess film movie

Critique du film THE BLOOD COUNTESS

Inspiré par la légende de la comtesse Báthory (Julie Delpy, entre autres, s’était aussi emparée de ce mythe dans "La Comtesse"), "The Blood Countess" s’inscrit dans le sous-genre de la comédie de vampires, qui mêle traditionnellement horreur et humour. Ici, le comique prend franchement le pas sur le potentiel gore, relégué au second plan au profit d’une ambiance baroque qui permet toutes les extravagances.

Dès la scène inaugurale, le ton est donné, avec cette touche de décalage délicieusement absurde à laquelle il conviendra d'adhérer si on veut digérer l’ensemble du film : la fameuse comtesse (Isabelle Huppert) apparaît dans une robe écarlate disproportionnée, droite comme un « i » à bord d’une péniche qui sillonne une galerie souterraine, sans croiser un groupe faisant une visite guidée des lieux. Ces touristes, que l’on reverra ponctuellement, seront l’un des seuls indices indiquant que le récit se déroule à notre époque, car tout le reste sera anachronique, des costumes au carrosse de la comtesse en passant par l’allumeur de réverbère.

Ainsi, "The Blood Countess" est délibérément abracadabrant et théâtral, ce qui se retrouve dans l’interprétation pleine d’emphase ou dans la manière dont les dialogues mêlent l’allemand, le français et le russe sans qu’aucun personnage ne semble perturbé par ces échanges multilingues et le ping-pong linguistique qui en découle ! Ulrike Ottinger prend un malin plaisir à abuser des exubérances et autres cocasseries, par exemple à travers le duo de pseudo-savants très XIXe siècle (aux noms volontairement ridicules), un vampire végétarien qui ne s’intègre pas dans sa communauté, ou encore la présence improbable de Conchita Wurst herself en maîtresse de cérémonie occulte ! Si le scénario peut paraître décousu et les situations improbables (en-dehors des considérations fantastiques évidemment), c’est donc au service de cette fable déjantée, que traverse Isabelle Huppert avec l’aisance qu’on lui connaît pour s’imprégner du bizarre.

Raphaël JullienEnvoyer un message au rédacteur

BANDE ANNONCE

Laisser un commentaire