SUR UN AIR DE BLUES
Blues Diamond
Synopsis du film
Mike et Claire galèrent depuis des années dans le milieu compliqué de la musique. Mais en trouvant l’amour ensemble, ils ont peut-être enfin découvert leur voix, celle d’un groupe hommage à Neil Diamond. Et c’est peut-être là le début du succès…
Critique du film SUR UN AIR DE BLUES
Si Craig Brewer avait récemment signé deux collaborations dispensables avec Eddie Murphy ("Un Prince à New York 2" et "Dolemite is my Name"), le cinéaste s’était déjà intéressé à l’univers musical, pour le petit écran (la série "Empire") comme le grand, avec son remake de "Footlose" en 2011. Son "Sur un air de Blues" s’inscrit à contre-courant des biopics musicaux actuels façon "Un parfait inconnu" ou "Springsteen : Deliver Me from Nowhere", s’intéressant aux artistes de l’ombre plutôt qu’à ceux qui accaparent les paillettes. Mike est un chanteur qui galère, pour lequel les fins de mois sont difficiles et le rêve de vivre de son art une chimère qui ne cesse de s’évaporer. Claire est une musicienne de country pour qui le succès n’est pas non plus vraiment au rendez-vous. Le coup de foudre est immédiat. L’inspiration jaillit. Ils vont lancer un tribute band en hommage au grand Neil Diamond. Le projet est risqué, alors désormais, il faudra les appeler « Lightning & Thunder ».
Tout dans le film respire bon cette Amérique loin des grandes mégalopoles, de ces pubs enfumés à ces stars locales que pas grand monde ne connaît au-delà du pâté de maison. Ici ce n’est pas New-York, c’est Milwaukee, mais cela ne veut pas dire qu’on ne peut pas aspirer à la gloire, à fouler les planches comme ses idoles du blues. Si le film parlera probablement plus au public de l’autre côté de l’Atlantique (Neil Diamond étant nettement moins important dans notre culture populaire, à l’exception peut-être de son tube « Sweet Caroline », utilisé à de très nombreuses reprises dans des productions audiovisuelles), il en demeure une fable tendre et parfois cocasse, sans aucune moquerie, sur les sacrifices nécessaires pour pouvoir réaliser ses objectifs. Bourré d’humanité et de nostalgie, le métrage est un doux rappel sur comment la musique peut nous accompagner dans les moments les plus sombres de notre existence.
Évidemment, l’ensemble aurait mérité d’être plus court, et on ne peut que regretter les nombreuses séquences trop sirupeuses, mais la performance de Hugh Jackman et Kate Hudson est telle qu’ils finissent par tout embarquer dans leur enthousiasme contagieux, nous faisant regarder ailleurs que les différents défauts qui polluent le récit. Et mine de rien, sur cette trame narrative ô combien rabâchée de la success story, "Sur un air de blues" parvient à apporter une charmante variation, révérence à ces artisans oubliés et vibrant témoignage du courage ordinaire. Au passage, on en profite pour découvrir de nombreux morceaux de M. Diamond, bien loin de l’image de crooner qu’on pouvait avoir. Prêt pour un réveillon sous le signe du blues ?
Christophe BrangéEnvoyer un message au rédacteur



