SUR LE SENTIER
Une romance bien plus nombriliste que passionnée
Synopsis du film
Sur la côte d’Émeraude en Bretagne, Paul, un homme d’une soixantaine d’années, passe l’été dans la maison de vacances de son enfance. Il repense à l’été 73 où, avec son amie Marie, ils profitaient de la liberté de leurs 16 ans. Malheureusement fin août, Marie lui annonçait qu’elle partait vivre en Inde, sans lui donner de nouvelles par la suite…
Critique du film SUR LE SENTIER
Présent dans tous les plans, le personnage de Paul est le véritable sujet du film. Solitaire, il parcourt le sentier avec pour seul compagnon, le fantôme de sa jeunesse. À l'aide de flashs-back, il se remémore les moments passés avec Marie, jusqu'au jour où il aperçoit une femme sur la plage qui peint une aquarelle, tout comme le faisait son premier amour. Est-elle revenue ?
Ce petit suspense sera la seule intrigue du film, le reste n'étant qu'une succession de réflexions sur l’existence. On comprend d'ailleurs très vite que le portrait de Paul, joué par le réalisateur lui-même, n'est pas que fiction tant le film semble vouloir exprimer un point de vue très personnel. Outre les discours sur l'astronomie, complexes voire rébarbatifs, une autre question semble préoccuper notre héros : sa relation avec les femmes.
À ce sujet, les sentiments sont inexistants. Les scènes qui mettent en scène Paul jeune avec Marie durant ce fameux été 73 sont totalement dépourvues d'amour. Ils semblent être deux connaissances qui projettent de se marier pour faire comme les autres. Ils discutent juste du rôle que chacun aura dans le couple. En cette année charnière du féminisme en France, la jeune fille revendique de ne pas devenir femme au foyer. Lui l'écoute, mais on sent bien qu'il n'est pas totalement convaincu.
Malheureusement, à 60 ans il n'a pas l'air de l'être d'avantage. Et c'est là où le film devient embarrassant. Outre le côté très amateur du jeu d'acteurs et le scénario poussif, le film semble être un prétexte pour le réalisateur de se dédouaner de ses défauts en les confrontant à des personnages fictifs qui trouvent presque cela charmant. [Attention Spoiler], la femme qu’il croit être Marie est juste une femme en vacances qu'il suit lourdement quand elle marche seule sur le fameux sentier. Il va même jusqu'à pénétrer chez elle la nuit pour l'espionner par la fenêtre. Elle s'en rend compte et alors que toutes autres personnes auraient déjà porté plainte, elle, accepte une invitation à dîner et l'écoute se justifier de répondre à un « archaïsme typiquement masculin ».
Vous l'aurez compris "Sur le sentier" est l'exemple même du film qui ne satisfait que le narcissisme de son auteur et ce ne sont pas les magnifiques images des côtes bretonnes qui pourront rattraper cette déconcertante fiction.
Gaëlle BouchéEnvoyer un message au rédacteur
