SUR LA ROUTE DE PAPA

Retour aux sources

Synopsis du film

Kamel est un architecte qui a bien réussi la vie, grâce à de grands projets à travers le monde. Il se retrouve obligé de changer son programme de vacances pour amener sa famille et sa mère au bled. Et il ramène là-bas par la même occasion la voiture de son défunt père, une R21 Break. Le périple va faire ressurgir des souvenirs et des ressentiments…

Critique du film SUR LA ROUTE DE PAPA

Le film de Nabil Aitakkabouali et Olivier Dacourt retrace le parcours de nombreuses familles natives du nord de l’Afrique, qui retournent pour leurs vacances voir leurs proches restés au pays. Également au scénario, Nabil Aitakkabouali, avec Hakim Zouhani, exploite leur attachement aux racines, ainsi que la volonté de faire partager leur culture, qui compose leur identité. Ils racontent ainsi ce périple de nombreuses familles qui travaillent en Europe, en adoptant le point de vue des participants du déplacement.

Mais le film met aussi face à ses contradictions le personnage de Kamel, coupé de ses racines et qui s’est acclimaté à la culture française. Kamel a en effet gommé un peu son entité la plus profonde, et avec son retour au bled son passé ressurgit. Lors de ce road trip, le huis clos de la voiture permet de déclencher, avec la promiscuité, des discussions et des tensions très intenses, amplifiées du fait de la durée du voyage.

La mise en scène met en avant la difficulté de dialogue au sein de la famille et du couple. Elle met aussi en évidence la très forte présence matriarcale dans cette culture, ainsi que l’importance de la transmission et du partage, dans un message destiné aux nouvelles générations. Le film s’érige ainsi en une sorte de parcours initiatique permettant de remettre les pendules à l’heure.

Au-delà, le film traite aussi de différents sujets délicats, le choix de la façon d’élever ses enfants à travers différentes générations, chose personnelle et très intuitive, les couples de deux cultures où chacun doit s’adapter à l’autre tout en gardant son intégrité, la nécessité d’épanouissement de chacun tout en laissant de la place aux prochains.

Kamel est ainsi à l’antipode du personnage de Redouane Bougheraba dans son one man show. En tant que père de famille, conjoint et fils, il adopte différents rôles qu’il doit fusionner et doser avec minutie pour arriver à affirmer ses choix et convictions. Un mélange cependant difficile à composer. Au final "Sur la Route de Papa", par sa mise en scène comme son casting, diffuse une certaine bienveillance et une volonté d’échange et de partage d’une histoire de famille et de reconnexion à ses racines. Un merveilleux message autour de ces voyages familiaux qui façonnent l’être.

David BrejonEnvoyer un message au rédacteur

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