SLEEP #2
Expérience qui interroge
Synopsis du film
La tombe de l’artiste Andy Warhol observée depuis une caméra connectée, durant plusieurs saisons…
Critique du film SLEEP #2
Ceux qui aiment la filmographie du réalisateur roumain Radu Jude ("Papa vient dimanche", "Aferim !", "Bad Luck banging or Lonny Porn", ours d’or à Berlin en 2021) seront sans doute tout de même déroutés par son nouveau documentaire, au dispositif tellement sommaire qu’il interroge forcément. Il s’agit là d'une double référence à Andy Warhol, à la fois parce que depuis la date hypothétique de ses 85 ans, le 6 août 2013, le Musée Warhol de Pittsburgh diffuse des images de sa tombe en continue, et parce que l'artiste avait réalisé en 1963 "Sleep" où il filmait John Giorno assoupi et jouait sur les répétitions. Le principe etait ici d’utiliser une de caméras accessibles aux curieux sur internet (EarthCam est en permanence écrit en bas à droite de l’image) dont on peut parfois faire varier l’angle ou le niveau de zoom, pour observer le nid des faucons sur la Sagrada Familia à Barcelone ou pour connaître la vraie météo dans une station de ski avant de décider d'y monter. Mais ici le plan restera fixe, sans variation d’angle, et avec trois niveaux de zoom, pour approcher la tombe d’Andy Warhol aux diverses saisons de l’année, depuis le printemps jusqu’à l’hiver, un carton avec quelques mots venant introduire chaque partie.
L’ensemble est d’ailleurs introduit par une citation de Warhol lui même « La plus merveilleuse des choses c’est d’être mort », celle-ci ne disant pas si on obtient le calme autour ou non. Certains crieront sans doute au génie en prétendant que Radu Jude multiplie ici des plans identiques dans différentes ambiances, comme Warhol le faisait avec ses séries. D’autres s’ennuieront probablement à mourir devant cette contemplation sans réelle structure qui voit passer un jardinier, des biches et faons, des touristes se prenant en photo, un groupe s’adonnant au pique nique… dans la plus terne des images pixellisée. Chacun pourra peut être s’imaginer ce que se disent les uns ou les autres, ou ce qu’il y a sur ce papier que semble lire un homme au début du film. Mais ne pas s’intéresser justement à ces gens ou au rapport du site à la forêt montre bien finalement la vacuité d’un projet hommage paresseux, qui aurait plus sa place dans un musée d’art contemporain.
Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur
