SILENTIUM
Un pamphlet sans concession contre la culture du viol en Tunisie
Synopsis du film
Malek occupe seule un appartement dans un petit immeuble au sud de la Tunisie. Dans la petite communauté, tout le monde se connaît et n’a de secret pour personne. L’atmosphère est bon enfant, mais Mounir, l’inquiétant homme à tout faire, dénote dans le paysage. Il aime exercer une domination sur les autres et prendre ce qu’il veut sans demander la permission. Et ce qu’il veut c’est Malek…
Critique du film SILENTIUM
Cinéaste tunisien inconnu en France, Nidhal Chatta sort son nouveau film de manière très confidentielle. Un film qui a le mérite et le courage d’aborder le thème très en vogue de la masculinité toxique, dans le contexte du monde arabe. La Tunisie n’est pas le pays le plus en retard sur ces questions, mais le sujet a nourri régulièrement le cinéma tunisien, que ce soit avec "Un divan à Tunis" qui l’utilise comme toile de fond, ou l’excellent "La belle et la meute" qui dénonce frontalement la culture du viol encore bien vivace dans cette région. À certains égards, la filiation avec ce dernier semble évidente, notamment dans le parcours de la protagoniste qui peine à faire reconnaître l’agression dont elle a été victime. La différence tenant au fait que dans le cas présent cette impossibilité pousse rapidement l’héroïne à adopter d’autres stratégies.
Force est de constater que "Silentium" souffre quelque peu de la comparaison avec ses prédécesseurs s’étant emparés de ce sujet douloureux. On lui reconnaîtra tout de même certaines qualités, comme sa caméra discrète qui laisse les scènes se dérouler et les langues se délier, mais qui part moment trouve le cadre parfait pour souligner l’état d’âme d’un personnage ou même le comique d’une situation. Cependant qu’on ne s’y trompe pas, le film de Nidhal Chatta est un drame d’une dureté radicale qui ne ménage pas son spectateur. La violence, qu’elle soit physique ou morale, y est crue et marque les esprits. Symptomatique de cette posture, la séquence du viol est particulièrement frappante. Un argument qui pourrait autant convaincre un public adepte de cinéma sans concession que pousser les autres à passer leur chemin.
Benjamin BidoletEnvoyer un message au rédacteur
