SILENCE
Le silence tue
Synopsis du film
Quatre sœurs vampires survivent tant bien que mal pendant l’épidémie de peste noire, le sang humain devenant de plus en plus impropre à leur consommation. Des siècles plus tard, en Espagne, le SIDA fait rage et leur unique descendante traverse la même épreuve. Le silence avait sauvé leur vie dans le passé, en sera-t-il de même aujourd’hui ?
Critique du film SILENCE
Cette rengaine ponctue l’OVNI magnifique que nous présente Eduardo Casanova, habitué des objets cinématographiques non identifiés et savoureux (on peut citer par exemple "La Piéta" qui s’offrait le Grand Prix, le Prix du public et le Prix du jury jeunes à Gérardmer en 2023, mais aussi "Pieles"). Le silence tue, car il isole et marginalise l’Autre, qu’il soit pestiféré, séropositif ou vampire. Mentionnés côte à côte ces 3 mots choquent et rappellent à quel point les débuts du SIDA ont été douloureux pour les malades, entre peur de la société et refus de soins. Mais dans cette œuvre il n’y a pas de mauvais goût (ou alors peut-être un peu si vous n’aimez pas le rococo décadent d’un moyen-âge fantasmé) : ces analogies servent un propos franc et percutant sous couvert d’histoire de vampires.
Cette créature fantastique remplit ici le rôle de miroir déformant de notre société si frileuse à s'ouvrir à cet autre que l’on imagine toujours dangereux. Le silence les tue peu à peu, car à force d’avoir la crainte de s'ouvrir au monde, se nourrir devient de plus en plus dur alors que la société évolue. Les maladies des humains les rendent impropres à la consommation, et le sang synthétique devient de plus en plus cher. Dans cette situation désespérée, une jeune vampire amoureuse d’une femme séropositive va donc tenter de sortir du cercle vicieux du silence et de parler de ce qu’elle est. Ce petit bijou de convictions vient livré dans un écrin de kitch et d’humour noir. En supplément, un petit tacle aux mères, comme toujours avec le réalisateur. Promis, on ne garde le silence que pendant la séance !
Océane CachatEnvoyer un message au rédacteur


