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SEX AND THE USA

Un film de Jan Wellmann

Sujet passionnant, traité n’importe comment

Audrey Shaw, une adolescente de 13 ans, arrive au collège de Bellweather, en Californie. Elle pense qu'elle ne s'y fera jamais, jusqu'au jour où elle rencontre Krista Rich, la jolie fille populaire qu'elle aurait tant voulu être, ou en tout cas celle dont elle voudrait être proche, elle ne sait pas très bien...

Voilà un sujet déjà traité sous forme de documentaire en France dans l’émission « L’effet papillon » de Canal+, et qui méritait bien un traitement au cinéma tant on est abasourdi du propos : aux Etats-Unis, des familles inscrivent leurs enfants à des cours d’abstinence quand ils arrivent au lycée pour qu’ils arrivent vierges à leur mariage. Des idioties plus grosses que leur connerie sont ainsi véhiculées : on apprend ainsi que la contraception ça ne marche pas, que le préservatif ne sert à rien et que le seule façon d’être au plus près de Jésus et du droit chemin est l’abstinence.

Ceinture les ados ! Le problème c’est de la même manière que vous interdisez un jouet à un enfant, ce dernier fera tout pour se le procurer et jouer avec. Ici même constat : interdisez le sexe à des adolescents en pleine mutation physique et physiologique, et vous obtenez de chères têtes blondes qui, pour éviter toute pénétration sexuelle avec leur copine, vont chercher à détourner la chose. Le film montre ainsi les orgies de « safe sex » entre ados consentants, mais qui se sont jurés abstinence ! Soit l’ironie et la connerie de la méthode.

Le film nous apprend que c’est le gouvernement américain lui-même qui finance en grande partie ces programmes autour de l’abstinence. On voit même comment les jeunes sont manipulés, avec des cérémonies organisées autour de cet événement familial, lors desquelles on remet un bracelet symbolique en guise de soutien à cette cause… On se croirait vers le milieu du film dans un épisode trash de « Melrose place » ou « Berverly Hills », tant nous, français, avons du mal à imaginer cela comme réel ! Le scénario, entre documentaire et fiction, fonctionne parfaitement bien. On n’en dira pas autant du casting et de la réalisation.

En effet, comment être crédible quand on engage des jeunes de 25 ans pour jouer des étudiants sensés en avoir 15 ? Passé cet artifice peu important, venons-en à la réalisation de Jan Wellmann. En voulant certainement se mettre à la hauteur de ces jeunes paumés et de ces parents largués, ce dernier adopte une réalisation pauvre, ennuyeuse et laide, rendant son film vraiment pénible à regarder. C’est vraiment regrettable quand on s’attaque à un sujet aussi excitant.

Mathieu PayanEnvoyer un message au rédacteur

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