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SEPPUKU : L'HONNEUR D'UN SAMOURAÏ

Un film de Yuji Kakizaki

Une belle réflexion sur la vie, la mort et la justice, plombée par une mise en scène théâtrale

Synopsis du film

À l’époque d’Edo, Kyūzō, loyal vassal du shogun, est contraint de rester à demeure, suite à son geste maladroit causant un éraflement à l’arc de son seigneur, et attend inquiet la décision prise qui pourrait lui coûter la vie…

Critique du film SEPPUKU : L'HONNEUR D'UN SAMOURAÏ

On sait les traditions japonaises autour des samouraïs qui servent leur seigneur, la dignité de ces guerriers à représenter la loyauté, l’allégeance et l’excellence. Alors quand un samouraï est condamné à mort pour avoir abîmé l’arc seigneurial, celui-ci se résigne à son funeste destin, le seppuku (suicide ritualisé), quand son épouse, elle, cherchera coûte que coûte à changer son sort et celui de sa famille. "Seppuku : l’honneur d’un samouraï" est un film d’époque qui n’est jamais ce que l’on pourrait attendre d’un film de samouraï, étant plutôt à ranger du côté des films traditionnels dramatiques construits sur le dialogue plutôt que sur l’action. On pense ainsi à des œuvres comme "47 Ronin" de Kenji Mizoguchi (1941), dans lequel 47 samouraïs conspirent contre celui qui a provoqué le seppuku d’un des leurs.

Le film de Yuji Kakizaki prend son temps et opte pour une réalisation délibérément respectueuse des cérémonials de l’époque. Il soigne ainsi sa mise en scène et son montage, au service d’un rendu particulièrement fidèle des traditions japonaises du 17e siècle, notamment celle concernant la cérémonie du seppuku. Mais dans le même temps, en se conformant aux codes et règles de l’époque, il entraîne son film dans un piège de lenteurs et de paresse laborieuse qui plombe le film, qui dure déjà près de 2h15, entraînant un impact non négligeable sur le temps réellement ressenti par le spectateur. Autre limite du long-métrage : l’interprétation des comédiens. Comment faut-il apprécier cette extravagance japonaise qui tranche avec la platitude de la mise en scène théâtrale du film ? On ne sait jamais s’il faut le prendre sérieusement ou à la rigolade.

Reste la grande force du film, qui est à trouver dans le récit en arrière-plan : le destin d’un couple, d’une famille et d’une maison, à cause d’une égratignure sur un arc. Yuji Kakizaki joue sur le paradoxe d’une situation ubuesque, tenue par des traditions qui donnent plus d’importance à un code de conduite qu’à une vie humaine. Le rôle de l’épouse est particulièrement bien traité dans sa manière de se battre et d’aller contre le déterminisme. Elle semble être la seule guidée par la raison autour de tous ces hommes aveuglés par tout le folklore d’antan. Le film devient alors une réflexion juste sur la vie, la mort et la justice. Dommage que la mise en scène soit autant théâtrale et que le jeu de comédiens force autant le trait.

Mathieu PayanEnvoyer un message au rédacteur

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