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SCARLET ET L'ÉTERNITÉ

Un film de Mamoru Hosoda

Un vrai laboratoire visuel

Synopsis du film

Fin du XVIe siècle : Scarlet, princesse qui manie l’épée comme personne, voit son père Amulet revenir de la guerre et chercher la paix par le compromis. Accusé de traîtrise par son frère Claudius, celui-ci est finalement exécuté. Scarlet se lance alors dans une quête de vengeance, mais, empoisonnée et grièvement blessée, se retrouve projetée au Pays des Morts. Là, elle croise la route d’un jeune homme moderne, Hijiri, qui va l’aider à chercher un lieu, l’Éternité, où il serait possible de vivre sans rancœur…

Critique du film SCARLET ET L'ÉTERNITÉ

Mamoru Hosoda ("Summer Wars", "Les Enfants Loups", "La Traversée du temps"), pour son nouveau long métrage après le musical et contemporain "Belle", profite d’une histoire de vengeance dans un contexte médiéval, pour non seulement insuffler à son nouveau film une bonne dose d’aventure, de combats et de fantastique, mais aussi pour expérimenter un détonnant mélange de styles d’animation. Interrogeant la sempiternelle tendance de l’être humain à réalimenter le cercle de la violence, en prônant le « œil pour œil », « dent pour dent », c’est au travers du périple de son personnage féminin (une princesse douée à l’épée), jusqu’à arriver à des sortes de portes d’un paradis interdit, barrées par d’énormes chaînes et par son sanguinaire ennemi, qu’il va développer un discours sous-jacent en faveur de la paix et du pardon.

Sa Scarlet médiévale, filmée en partie en motion-capture, retravaillée en CGI, fait ainsi face à un Hijiri contemporain, en dessin 2D traditionnel. Insistant sur les couleurs, des yeux bleus de Scarlet face aux yeux rouges de son ennemi Claudius, en passant par le traitement de paysages enivrants, Hosoda semble expérimenter pour mieux couper le souffle. On admirera ainsi certains paysages entre photos, collages et utilisations de maquettes, pour des rochers gris foncé et des tas de pierres attenants, la manière dont les pilleurs du désert sont frappés par la foudre (entre blancs, noirs et bleus), la représentation du coin du feu dans le désert (avec des aplats rouges, noirs et blancs), ou encore l’incroyable mise en valeur de l’éruption d’un volcan. Alors, même si le récit agace un peu sur la fin, la faute à un personnage qui ne cesse de crier et geindre à l’excès dans les quelques scènes qui précèdent la conclusion, "Scarlet et l’éternité" offre tout de même un spectacle visuel hors normes, dont on retiendra notamment la mise en images à base de photos, d’un campement nomade, ou la charge à cheval, filmée à raz du sol, avec un son puissant entre galop et chocs. De quoi se rendre en salles pour apprécier un spectacle, certes balisé côté intrigue, mais visuellement épatant.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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