SAUVAGE

Un film de Camille Ponsin

Le rude rêve d’autonomie

Synopsis du film

Dans le petit hameau du Puech, dasn les Cévennes, où des couples réunis vivent en harmonie et liberté, restaurant progressivement des maisons et tentant de développer un élevage de vers à soie, la jeune Anja, vraisemblablement schizophrène s’éloigne de plus en plus de la communauté. Réfugiée d’abord en forêt, changeant régulièrement d’endroit, elle s’installe dans une ancienne ferme en ruine, ne laissant approcher que sa mère Sami, qui lui amène vêtements et nourriture. Mais Anja se met à voler chez les divers voisins et à perturber la chasse dans le coin, provoquant des réactions de plus en plus hostiles…

Critique du film SAUVAGE

Avec "Sauvage", passé par le Festival de Sarlat, Camille Ponsin (le documentaire "La Combattante") met en parallèle deux types d’autonomies, celle rêvée d’une communauté, refusant les médicaments, achetant bientôt un métier à tisser restauré pour enfin vivre de l’élevage de vers à soie, comme elle se nourrit de la terre, face à celle d’une jeune femme perturbée par des voix, devenant progressivement une sauvageonne vivant en forêt. A travers l’ensemble des personnages, c’est un peu la perte d’un idéal qui se dessine, entre fatalité face à la maladie et réactions diverses aux vols et aux destructions occasionnées par Anja. Entre coupable toute faite et réalité des dégâts qu’elle occasionne dans d’autres vies, le scénario navigue, tâchant de montrer la complexité des choses et de ne jamais porter de jugement sur celle-ci, surnommée « Mowgli » dans son enfance.

Alors que l’intrigue s’étale ici sur environ 2 ans et demi, paraissant déjà assez incroyable, le générique de fin nous montrera la vraie mère dont est inspiré le personnage principal, sifflant encore pour espérer rentrer en contact avec sa fille, après 15 ans. Céline Sallette impressionne dans ce rôle, prise en étau entre ses élans protecteurs, une usure naturelle, ses convictions personnelles en termes de mode de vie et la réalité d’un fonctionnement en société, où chacun mesure son investissement, ses possessions et les limites de la liberté des autres. L’ensemble de petits portraits faits autour de ces deux femmes est d’ailleurs plutôt convaincant, à commencer par le personnage du père, incarné par Bertrand Belin, à la fois confortable dans ses certitudes et désarçonné par l'indépendance de sa fille. On ressort du film mille questions en têtes, et en se demandant forcément comment on aurait agi si Anja avait été notre famille.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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