SANS PITIÉ
Un premier film intense sur la force des liens du sang
Synopsis du film
Maria tient un stand de tir dans une fête foraine, aidée de ses deux fils Ryan et Dario. Une nuit, Dario est enlevé par un homme mystérieux conduisant une camionnette. Vingt ans plus tard, Dario qui s’est exilé au Canada et est contraint de revenir pour l’enterrement de sa mère. Alors qu’il remplace son frère au stand de tir, il croise la route d’un homme qui réveille un passé douloureux…
Critique du film SANS PITIÉ
Le premier long-métrage réalisé par Julien Hosmalin, après quelques courts remarqués en festivals ("Magic world", "Ride Sally Ride", "Girls"), se déroule dans un lieu qui semble coupé du monde réel. La petite fête foraine installée au milieu d’une zone industrielle en friche qui sert de décors à cette histoire pourrait être à des années lumières de toute civilisation. Ce qui laisse tout le loisir au jeune cinéaste de développer un univers singulier qui évoque à la fois le western, le film noir et le film post-apocalyptique. La scène d’ouverture donne d’emblée le ton du film et annonce un univers âpre et cruel où la famille constitue le seul refuge. Un cadre qui rappelle le cinéma de James Gray, référence avouée de Julien Hosmalin. À l’instar de "Little Odessa", "La nuit nous appartient" ou "The Yards", la fratrie est à la fois source de problèmes et de soutien indéfectible, quelles que soient les difficultés.
Le spectateur ne saura jamais rien des sévices qui ont été infligés à Dario. Julien Hosmalin lui laisse le soin d’imaginer l’horreur qui se dissimule sous une trappe dans un appartement miteux. Ce qui est clair, c’est que Ryan est directement responsable pour ne pas avoir suffisamment veillé sur son petit frère. Comme un juste retour des choses, la quête de vengeance qui anime Dario vingt ans plus tard se fait au détriment des proches de Ryan et détruit ce qu’il croyait savoir d’eux. Pourtant, rien ne semble pouvoir désunir la fratrie où le remord n’a pas sa place. Supporter le frère n’est pas un choix, c’est une évidence.
Fort d’une mise en scène au cordeau et d’un casting qui ne ménage pas sa peine, "Sans pitié" s’annonce comme la première bonne surprise de cette année du côté de notre cinéma national. Un cinéma qui n’a plus aucun mal à concilier la pudeur des thèmes intimes, traditionnellement très présents dans ses productions cinématographiques, avec l’intensité du cinéma de genre qui lui a longtemps fait défaut. Dans la lignée de Julia Ducournau ("Grave"), Just Philippot ("La nuée") ou Thomas Cailley ("Le règne animal"), la jeune génération adepte du genre grossit encore un peu.
Benjamin BidoletEnvoyer un message au rédacteur



