SALVE MARIA
Mère en recherche de limites
Synopsis du film
Maria, écrivaine, a eu récemment un bébé, auquel avec son mari Nico, ils ont donné le prénom d’Eric. Perturbée par ses vomissements réguliers, à chaque tétée, tout comme ses cris incessants, elle s’est mise en tête que celui-ci avait un problème de santé. Malgré les conseils de la responsable de son groupe d’allaitement, elle demande à sa médecin s’il peut être opéré. Reconnue par une fan, également membre du groupe, elle accepte de prendre un café avec celle-ci, qui lui parle d’un fait divers sur un double infanticide. Maria se met alors à faire des recherches et à découper des articles de presse…
Critique du film SALVE MARIA
"Salve Maria" est un film troublant. Troublant par son sujet (la dépression post-partum, ou rejet de l’enfant par la mère), troublant par la manière de questionner celui-ci (au travers de la relation à un fait-divers jusqu’au-boutiste, de noyade volontaire de deux jumeaux), troublant par le choix d’introduire le métier du personnage, comme un vecteur supplémentaire de perturbation chez cette mère qui ne comprend pas sa propre attitude. L’actrice principale, Laura Weissmahr, parvient à exprimer la détresse de son personnage, confronté à l’incompréhension de son entourage comme du corps médical, tout comme son désarroi, alors qu’elle s’interroge avec frayeur sur l’extrême qu’elle pourrait elle-même commettre.
Introduisant un certain malaise, par le désir de rencontrer celle qui a commis le pire des actes, le scénario joue sur l’incertitude du niveau de désespoir comme l’inconnue de son véritable dessein : s’agit-il de mieux comprendre son propre état, ou de trouver l’inspiration ? Évitant cependant le classique mélange entre réalité et fiction de l’écriture, Mar Coll utilise cependant comme d’autres le son comme élément caractéristique du trouble, mélangeant musique classique et bruits des transports, violons et bruits des chiens, ceci afin de saturer aussi l’esprit du spectateur. Elle ne parvient pourtant pas à suggérer le perturbation comme dans "If I Had Legs I’d Kick You" (présenté à Berlin et encore inédit, sur le rejet de l'enfant), ou à évoquer le niveau de folie de Jennifer Lawrence dans "Die, My Love" (en compétition au dernier Festival de Cannes), ni à atteindre l’émotion du très beau "Les Paradis de Diane". Traitant donc d’un sujet très présent dans le cinéma de l’année écoulée, "Salve Maria" ne convainc donc pas totalement, entre titres de chapitres aux lectures religieuses et récurrence de figures plus ou moins sataniques (le corbeau qui s’incruste sur le lit du bébé, le personnage d’Ana dont les intentions sont de plus en plus douteuses…).
Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur


