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RYUICHI SAKAMOTO : OPUS

Un film de Neo Sora

Un élégant adieu

Synopsis du film

A l’automne 2002, malade d’un cancer, le célèbre compositeur de musiques de films, Ryuichi Sakamoto, réalise une ultime performance au piano, au studio 509 de la NHK, entouré uniquement de ses plus proches collaborateurs. N’ayant plus la force de donner des concerts en public, il fait ici ses adieux en interprétant vingt morceaux emblématiques de sa carrière…

Critique du film RYUICHI SAKAMOTO : OPUS

Passé par la section Hors compétition du Festival de Venise 2024, ce documentaire musical, est en réalité une captation d’une dernière représentation (sans public) d’une vingtaine de morceaux que Ryuichi Sakamoto interprète seul au piano. Apparent dernier élan de vie artistique, ce concert privé, filmé par son propre fils dans un dispositif simple et dans un bel écrin noir et blanc, permet au compositeur de faire ses adieux en douceur, en étant le seul point d’attention du spectateur, avec sa musique.

Point de commentaire ou d’interviews de proches, ni du protagoniste lui même, pour polluer l’œuvre, celle-ci est livrée à l’état pur, avec forces gestes épurés et un visage traduisant l’infinie concentration. Si l’exercice est sans doute à réserver aux mélomanes, il permet en tous cas de revenir sur des morceaux clés que les cinéphiles connaissent, l’homme étant reconnu entre autre pour sa riche carrière de compositeur de Bandes originales. On retrouve ainsi ici des morceaux de films de Bertolucci, tirés de "Un thé au Sahara" et "Le Dernier Empereur" (qui lui valu un Oscar), de "Furyo", ou encore du film "L’Innocence" de son compatriote Kore-Eda.

Mais l’ensemble revient aussi sur d’autres albums, non forcément liés au cinéma, avec des morceaux revisités (comme un morceau synthétique, revenu en cordes dans la BO de "Babel", et ici en version piano). A cela s’ajoutent 3 morceaux inédits, dont deux hommages à Bertolucci pour le premier et au compositeur des films de Denis Villeneuve, Jóhann Jóhannsson. Quant à la caméra, elle alterne élégamment plans fixes, larges ou serrés, opère de légers travellings, remonte d’un pied de tabouret au visage de l’artiste, s’approchant plus ou moins de celui-ci, pour aller jusqu’à en détailler le mouvement des mains ou la posture. L’émotion est par moments proche, alors que le son nous enveloppe lentement.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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