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ROBOTS

Un film de Chris Wedge
Avec

Une mécanique un peu rouillée

Dans un monde peuplé de robots conscients et aux sentiments « humains » vit Rodney Copperbottom, un jeune inventeur. Depuis son plus jeune âge, celui-ci nourrit un rêve : être embauché par Bigweld, fondateur des industries du même nom, leader sur le marché de la robotique. Devenu adulte, il quitte alors sa ville natale d’Ecrouville pour la mégalopole de Robotville, séduit par l’ouverture d’esprit affichée par l’entreprise dans ses slogans. Mais Rodney déchante bien vite quand la porte de cette dernière lui reste désespérément fermée. Il finit toutefois par découvrir que l’entreprise est dirigée non plus par Bigweld, mais par Ratchet, un financier peu scrupuleux qui veut stopper la production de pièces détachées afin de contraindre à l’achat de mises à jour onéreuses. Le jeune robot, accompagné de nouveaux amis rencontrés au détour d’une poubelle, n’entend cependant pas le laisser faire...

Après le succès de L’âge de Glace, Chris Wedge remet ça dans un nouveau film en images de synthèse, tout autant familial que le précédant, et mené cette fois-ci par des robots. Ces robots sont toutefois un peu spéciaux. De fait, ils sont présentés comme conscients et leurs relations, leurs sentiments et leur société sont très proches des nôtres. Ils ont mêmes des enfants, qu’ils assemblent, et ceux-ci grandissent à l’aide de modules offerts lors de leurs anniversaires. Bref, la robotique n’a rien de réaliste ici, et n’est qu’un prétexte au développement d’un univers inédit.

Et cela fonctionne plutôt bien. Les robots sont tous visuellement différents, conçus à l’aide de toutes sortes de pièces, ressorts, manivelle, vumètre, pinces, cafetière … Et ces personnages insolites évoluent dans un monde qui l’est tout autant, et que l’on découvre en même tant que notre jeune héros découvre Robotville, mégalopole bariolée et animée de toutes parts, aux mécanismes tout autant spectaculaires qu’impossibles. Tout cet imaginaire débordant éloigne ainsi l’ennui du spectateur. Mais les découvertes s’amenuisent au fil du film, sans doute parce que l’action réside quasi uniquement dans cette capitale des robots qui finit par lasser.

De plus, dès lors que Rodney fait la rencontre des « rouillés », le film se conforte dans une sorte de buddy-movie un peu facile et qui sent le réchauffé. Ainsi, notre jeune héros se retrouve-t-il bien vite à la tête d’une sorte de révolution car il est le seul (comme par hasard) dans la ville à savoir réparer les robots défavorisés, condamnés à être jeté à la casse puisqu’il n’y a plus de pièces détachées. Et au final, tout se termine bien - on s’en doutait certes - mais on a pas l’impression qu’il se soit déroulé grand chose, tant les bons sentiments ont rendu la tâche facile à Rodney.

Et au-delà de cet excès de gentillesse qui ne part finalement pas d’une mauvaise intention, le scénario manque cruellement d’une chose : un fond. Certes, il est question en début et fin de film du thème de la réalisation de ses rêves, mais cette question semble s’évaporer au profit d’un humour sans grande finesse à base de jeux de mots et de pets, et trop convenu pour faire sourciller les fans d’un ogre vert bien connu. En résumé, les enfants et les jeunes adolescents y trouveront facilement leur compte.

Olivier BlondeauEnvoyer un message au rédacteur

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