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RÊVE ET SILENCE

Un film de Jaime Rosales

La (pas)science des rêves

Une famille espagnole est mise à l’épreuve quand le mari a un accident de voiture dans lequel une de leurs deux filles trouve la mort. Le couple arrivera-t-il à survivre à ce traumatisme ?...

Un film poussif, voilà comment nous pourrions décrire, d’un mot, « Rêve et silence ». Le réalisateur Jaime Rosales (« La Soledad », « Un tir dans la tête ») accumule les anomalies. Il a tourné son film avec des acteurs non professionnels, à qui il n’a donné aucun scénario écrit, juste des indications de tournage avant chaque prise. Son film est une succession de plans fixes, de plans séquences vides, d’ellipses, dans un noir et blanc bien fade, en 35 mm et sans aucun éclairage artificiel. Rosales cultive une certaine conception du cinéma, certainement pas du goût de tout le monde vues les réactions dans la salle de la Quinzaine des Réalisateurs où il a été projeté en avant-première à Cannes 2012.

Dans son premier plan, très poétique, Miguel Barcelo (un peintre) exécute une œuvre sous nos yeux ébahis comme pour tisser un prélude au film. Le réalisateur remettra d’ailleurs en scène l’artiste dans une certaine destruction de son œuvre dans l’épilogue libérateur. Mais entre ces deux scènes, le fil de l’histoire s’attachera à suivre une famille en plein deuil suite à la perte tragique d’un enfant. C’est donc peu dire que « Rêve et silence » est une œuvre conceptuelle qui va en rebuter plus d’un.

Pourtant, mêmes non professionnels, les comédiens sont épatants de vérité, tant dans les moments forts du film que dans les scènes d’introspection. Ils sont malheureusement trop souvent réduits à jouer des pantins désarticulés, laissés à l’abandon et dont personne ne tire les ficelles pour leur permettre de s’exprimer ou de jouer la comédie. Les spectateurs s’endorment avec eux, plongés dans leurs « rêves » à force de trop longs « silences », le réalisateur ayant confondu la touche play avec la touche pause dont il use et abuse durant les près de deux heures que dure ce long, très long métrage !

Peut-on réellement être emporté par une réalisation qui adopte pour principe de coller stricto sensu le fond et la forme ? Où, pour montrer des personnages se terrant dans le silence et le vide, elle choisit de faire sortir du cadre ses personnages, tout en continuant de filmer, pour montrer qu’il ne se passe rien et que malgré l’absence et le vide, la vie subsiste… Peut-on réellement être transporté par une histoire aussi peu originale où on finit par nous expliquer que seul le temps fera s’estomper les mauvais souvenirs ? Si cette famille souffre de cette absence, nous nous souffrons de notre présence…

Mathieu PayanEnvoyer un message au rédacteur

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