RENTAL FAMILY

Un film de Mitsuyo Miyazaki

Un bonbon réconfortant malgré l’excès de guimauve

Synopsis du film

S’il a connu le succès par le passé, un acteur américain exilé à Tokyo galère aujourd’hui pour trouver des rôles. Une agence lui propose une prestation particulière : jouer le rôle de proches de substitution pour de parfaits inconnus. Mais lorsqu’on agite les sentiments, difficile de garder la séparation entre travail et réalité…

Critique du film RENTAL FAMILY

Un américain perdu dans l’immensité de Tokyo. C’est ainsi que débute le nouveau métrage de Mitsuyo Miyazaki, révélée en 2020 avec "37 seconds" (directement sorti chez nous sur Netflix). Cet homme, c’est Phillip Vandarpleog, un acteur ayant connu ses heures de gloire et dont la carrière semble aujourd’hui à l’arrêt, même si quelques-uns se rappellent encore de son visage apparu dans de nombreuses publicités à la télévision nippone. Les appels de son agent se font plus rares, les fins de mois plus difficiles, les motivations à rester dans son exil oriental plus questionnables. Un jour, une agence lui propose une prestation inattendue : jouer le rôle de proches de substitution pour tout type d’évènement. Un homme endeuillé à un enterrement, un frère sur le retour, un époux, un journaliste, un ami… Tous les scénarios sont possibles. D’abord récalcitrant, le comédien va se laisser tenter, découvrant au passage qu’il est bien plus difficile d’abandonner un rôle lorsque les sentiments circulent entre la fiction et la réalité.

Sur un pitch assez similaire au récent "Peacock", le film s’intéresse ici moins à l’hypocrisie de notre monde moderne qu’à l’attachement et la compassion que de telles situations pourraient créer. L’objectif n’est pas d’être dans la satire, mais de dresser un tendre portrait, empli de mélancolie, d’individus ayant perdu sur leur chemin un peu d’humanité. Et dans le rôle principal, le choix de Brendan Fraser apporte évidemment une dimension plus meta à l’ensemble, lui qui s’est retrouvé au ban d’Hollywood durant des années avant de renaître de ses cendres et triompher avec "The Whale". L’interprète culte de Rick O'Connell dans "La Momie" balade sa carrure de gros nounours avec une pudeur et une douceur tellement ravageuses que sa seule performance justifie le déplacement vers les salles obscures.

Si étonnement la promotion et la bande-annonce mettent fortement en avant une des « missions » par rapport aux autres, c’est probablement la rencontre entre le personnage principal et un vieil acteur rongé par les souvenirs douloureux et les regrets qui s’avère la plus réussie, tant celle-ci comprend l’essence du projet, sa volonté d’être toujours au plus près des êtres sans les juger, ses velléités à sacraliser des valeurs comme l’empathie et la bienveillance. Peut-être trop classique pour véritablement transcender son sujet, "Rental Family" demeure un beau conte sur la solitude contemporaine et l’anonymat des grandes mégalopoles, où la sensibilité est préférée au misérabilisme. Comédie humaine et feel-good-movie assumé et efficace, le film de Miyazaki se révèle être une œuvre solaire où les mouchoirs tutoient les éclats de rire dans une symphonie maîtrisée. Pas révolutionnaire, mais terriblement réconfortant !

Christophe BrangéEnvoyer un message au rédacteur

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