REDUX REDUX
Revisité à la sauce mainstream
Synopsis du film
Irène mène un combat sans fin : depuis l’assassinat de sa fille, elle n’a de cesse de traquer et tuer le meurtrier à travers tous les univers possibles. Mais jusqu’où mènera cette quête inexorable de vengeance ?
Critique du film REDUX REDUX
Tout commence comme on l’aime : une situation in medias res (directement dans l’action) où l’on découvre notre héroïne Irène (interprétée par la frangine du duo de frères réalisateurs) dans un dîner qui, après une tasse de thé, commence à tirer à tout-va. S’ensuit une course poursuite avec la police, caméra au poing proche de la carriole, pour finir en apnée dans une chambre d’hôtel avant d’être téléporté… Pour tout recommencer. Et c’est bien ce qui avait placé "Redux Redux" en tête de nos attentes de cette 33ème édition du festival international du film fantastique de Gérardmer : son concept novateur, quelque part entre "Looper" et "Prédestination". Couronné de surcroît par le prix du Public, on ne pouvait qu’espérer le meilleur.
Malheureusement, hormis son introduction et quelques idées esquissées avec les flashs de quelques-uns de ces assassinats multi-temporels, le film s’embourbe dans une simple quête de rédemption saupoudrée d’une sauce road movie emballé comme un téléfilm policier standard. La douche froide n’est que plus grande quand on se rend compte des possibilités dramatiques pour le personnage, que le film aurait pu mettre en place, pour finalement aller à l’endroit le plus attendu possible, avec un schéma narratif hyper classique, où les situations n’ont rien d’inédit (et ne nous parlez pas de ce moment cheap dans le désert et du « marché noir »). Malgré une bande sonore pétaradante et quelques effets dans l’action qui permettent de temps à autre de se réveiller, on navigue entre la sensation d’avoir déjà vu ce film mille fois (tous les films à la "Logan" de ces 40 dernières années grosso merdo) et l’impression d’être pris pour un spectateur « netflixifié » (oui, on invente des mots maintenant) face à tant de séquences verbeuses qui soulignent et sur-explicitent les traversées émotionnelles des deux personnages féminins (la mère éplorée et la jeune orpheline qui croise son chemin).
"Redux Redux" se place ainsi dans le haut du panier des arnaques à fort concept et scénario cramoisi (coucou la saga "American Nightmare"). Et qu'on ne nous dise pas que la science-fiction ici n’est qu’une toile de fond pour raconter un drame intime. On a envie de vous dire que toutes les réussites du genre sont celles qui arrivent à lier les deux d’une manière ou d’une autre, ou essayent d’assumer leur classicisme tout en proposant des séquences propres aux mondes présentés et donc uniques. Ici rien de tout ça, profitez des sièges confortables des cinémas de Gérardmer pour une bonne sieste devant "Redux Redux". Sinon circulez, il y a pas grand chose à voir, on vous l’assure.
Germain BrévotEnvoyer un message au rédacteur
