QUI BRILLE AU COMBAT
Un joli film sur le combat d’une famille, ampoulé d’une amourette inutile
Synopsis du film
Il règne chez les Roussier une belle ambiance. Mais ce bonheur apparent cache un combat quotidien mené pour Bertille, la fille cadette atteinte d’un handicap lourd. Sa maladie génétique rare affecte chacun des membres de la famille, à commencer par la mère qui a dû renoncer à son travail pour être constamment auprès de sa fille et l’élever comme elle le peut, armée de son courage et de sa dévotion…
Critique du film QUI BRILLE AU COMBAT
Dans ce drame familial intime s’écrit l’histoire personnelle de Joséphine Japy, actrice et réalisatrice, qui raconte l’histoire vraie de sa sœur malade et dont le prénom Bertille a été conservé dans le film. Originellement prévu pour en être le titre, celui-ci a finalement été remplacé par sa signification étymologique « qui brille au combat ». Un oxymore qui en dit long sur les défis qu’appelle la vie au contact quotidien des malades, qui plus est quand ces derniers sont de notre propre sang. Ce film est ainsi une véritable lettre d’amour écrite dans la lutte, une lumière allumée dans l’obscurité et une étincelle de vie dans une croisade éreintante. Joséphine Japy témoigne de cet acte d’amour qui embrase de nombreuses familles : se battre pour l’être aimé et en être fier. "Qui brille au combat" rejoint à ce titre la liste des grands films dramatiques où la résilience et la résistance s’installent face à la maladie qui touche les enfants, au premier rang desquels trônent "La guerre est déclarée" de Valérie Donzelli ou "Lorenzo" de George Miller.
Dans la mise en scène de Joséphine Japy, il n’est donc jamais question de tout colorer en noir ni de tout vernir de brillant. La réalisatrice-coscénariste choisit l’équilibre et l’alternance pour traduire les instants de vie qui touchent au cœur de ces familles. Et, comme il ne peut y avoir d’ombre sans soleil, il ne peut, pour Joséphine Japy, y avoir de douleur sans bonheur. Les saynètes qui racontent cette lutte armée du quotidien sont tantôt éprouvantes (la scène du frigo, la crise en pleine nuit…) tantôt encourageantes (la bataille d’eau dans la cuisine, la baignade en mer…). Elles sont le reflet d’une réalité que la metteuse en scène a si bien connu et connaît encore.
Mais "Qui brille au combat" est loin d’être un film à ranger dans la catégorie documentaire. C’est avant tout un long-métrage de fiction qui va chercher plus loin que le vécu de Bertille. Il prend le temps notamment d’explorer les sentiments de chaque membre de la famille qui vit à sa manière le combat à mener pour la jeune fille, et ce sans jamais juger les protagonistes. Ces derniers sont servis par des comédiens remarquables. Mélanie Laurent se distingue en mère courage, investie dans son rôle comme dans son interprétation. Pierre-Yves Cardinal est parfait, tout en nuances, en père qui n’assume pas totalement son destin, rongé par une souffrance sourde. Et que dire de Sarah Pachoud, qui brille littéralement ! On se demande si cette jeune comédienne n’est pas elle-même porteuse de la maladie tant elle est confondante de naturel. Issue du monde du cirque, elle a cette aptitude à se mouvoir comme la véritable Bertille et à exceller dans la communication non verbale.
En revanche, là où le film nous perd complètement, c’est dans l’arc narratif développé pour le rôle de la grande sœur. Si on comprend bien le besoin d’une parenthèse enchantée pour Marion, on se demande quel est l’intérêt d’insister autant sur une relation aussi toxique que puérile. Le film aurait gagné à réduire cette intrigue inutilement laborieuse. Malgré cette réserve, "Qui brille au combat" mérite amplement un déplacement dans les salles obscures. Son message universel touche en plein cœur tant on est traversé d’émotions de part en part. Il appelle à la résistance, à l’amour, à ne jamais baisser les bras. À briller dans le combat.
Mathieu PayanEnvoyer un message au rédacteur

