QUEERPANORAMA
Un portrait kaléidoscopique d’un jeune gay en pleine introspection
Synopsis du film
Un homme homosexuel fait des rencontres par internet. A chaque fois, il s’invente une personnalité inspirée de l’amant précédent, lui empruntant son prénom, sa profession, parfois même des réflexions…
Critique du film QUEERPANORAMA
Passé par la section Panorama du Festival de Berlin 2025, "Queerpanorama", œuvre trempée dans un beau noir et blanc, est conçu comme une sorte d’errance, de plus en plus trouble, d’un jeune homme résidant à Hong Kong, noyant son quotidien dans les rencontres, en prétendant être en couple ouvert. Une situation qu’on en viendra à questionner tellement le personnage est doué pour mentir et se mentir, absorbant tel une éponge des bouts de personnalités des autres, jusqu’à paraître n’en avoir aucune. Inspiré des rencontres faites par le réalisateur lui-même, Jun Li (dont c’est le troisième long après "Drifting" et "Tracey"), le personnage est ici incarné par Jayden Cheung, parfaitement convaincant dans ce rôle d’ « acteur » recyclant les opinions des autres, pour mieux au final, s’en forger quelques unes et se redessiner une personnalité.
Troublant, le film est rythmé par ces rencontres, souvent avec des expatriés, offrant entre chaque de petites pauses, où le personnage se déplace dans les transports (bus, métro, ferry…) ou marque un arrêt volontaire ou non dans des lieux (ruelle, restaurant…), s’émeut en lisant un livre au titre évocateur ("Stay True" ou « rester vrai »), ou se satisfait en solitaire d’un plan cul avorté. Kaléidoscope de vies et fantasmes divers, évoquant la volonté de fusion avec l’amant, le désir d’enfant, l’existence de préférences, le rapport à la « normalité », le besoin de jouir, la liberté, l’envie de disparaître… "Queerpanoama" mêle étrangement intime et universel, au travers d’un portrait peu banal qui vaut le détour.
Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur
