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PREMIUM RUSH

Un film de David Koepp

Un film qui pédale dans la semoule

Être coursier à vélo à New York n’est pas de tout repos : la circulation est dense, les obstacles sont nombreux. Wilee est l’un d’eux et fait même figure de petite star dans le milieu. Quand on lui confie un colis qu’un flic corrompu cherche à tout prix à récupérer, la course peut commencer…

David Koepp est un scénariste qui s’est associé avec les meilleurs pour le meilleur (il est l’auteur des scripts de "Jurassic Park", "La Guerre des mondes" pour Spielberg, "Snake Eyes" pour De Palma, "Spider-Man" pour Sam Raimi…) mais qui a aussi été un scénariste-réalisateur plutôt moyen ("Hypnose" et "Fenêtre secrète") voire assez mauvais ("La Ville fantôme"). C’est dans cette dernière catégorie que l’on rangera son film de coursier à vélo en proie à un flic corrompu…

"Premium Rush - Course contre la mort" aligne pourtant deux grandes stars, Joseph Gordon-Levitt ("Inception", "The Dark knight"…) et Michael Shannon ("Les Noces rebelles", "Take Shelter"…), dont on aurait pu espérer un duel digne de "Duel" justement puisque l’un est poursuivi par l’autre. Las ! Ces deux-là vont passer leur temps à jouer gentiment au chat et à la souris pendant 1h30 de caricatures, d’effets spéciaux inutiles, de flash-backs stupides et d’humour 3e degré mollasson. Autant la souris (Gordon-Levitt) ne s’en tire pas trop mal et mouille vraiment le maillot, autant le chat a du mal à retomber sur ses pattes tant le rôle confié à Michael Shannon, bourré de poncifs et cabotinant à longueur de temps, finit par agacer…

Les chiens ne font pas des chats, dit-on. On pourrait ajouter que les mauvais réalisateurs ne font pas de bons films… "Premium Rush - course contre la mort" est tout bonnement un film qui pédale dans la semoule. Côté scénario, on se demande comment David Koepp a pu autant pomper sur tous les films de poursuite et de flics ripoux sans réussir à élever son métrage au rang des meilleurs. Et on en est loin… Côté réalisation, on s’amuse au début des scènes de vélo dans Manhattan, qui cherchent à esquiver tous les obstacles urbains connus (de la femme avec son landau au taxi jaune), mais on s’en lasse très vite… 

Gordon-Levitt n’est pour sa part pas près d’oublier le tournage qui lui a valu quelque 30 points de suture. Quant à Michael Shannon, il voudra certainement l’oublier au plus vite tant son personnage est faussement drôle et vraiment nigaud. Si vous avez le choix, passez votre chemin !

Mathieu PayanEnvoyer un message au rédacteur

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