Banniere-Berlinale-2019

PREMIÈRE ANNÉE

Un film de Thomas Lilti

Un Rocky étudiant

Benjamin débarque tout juste du lycée. Antoine repique son année et la retente une ultime fois. Une chose lie ces deux personnages : passer le concours PACES pour devenir médecin. Ensemble, ils devront lutter contre le climat compétitif, la sélection et les journées de cours ardues pour atteindre leur objectif et réaliser leur espoir de vie future…

Thomas Lilti, déjà aux manettes des films "Hippocrate" en 2014 et "Médecin de Campagne" en 2016, et lui-même médecin, nous revient pour aborder un nouvel aspect de la médecine : le fameux concours de première année (dont on entend tant parler) pour un résultat qui est, une fois n’est pas coutume, une totale réussite.

En décidant de suivre un binôme d’étudiants où chacun a ses propres enjeux (Benjamin venant d’entrer dans les études supérieures et Antoine entamant sa toute dernière chance), il aborde le sujet sous le meilleur angle possible cette année marathon si singulière, en jouant sur les mécanismes et les enjeux que ce genre de duo peut engendrer, les joies, les colères, les rires, les pleurs, l’euphorie, la rancœur, etc. Le réalisateur va pourvoir en aborder tous les aspects, à taille humaine comme avec une vision plus globale. Le tout en dressant un tableau fidèle mais surtout très sincère sur la PACES, comme il a si bien l’habitude de le faire, nous prouvant encore une fois son talent d’écriture.

Un talent d’écriture d’autant plus appréciable qu’il est mis en valeur par son talent de mise en scène. En effet, il ne se contente pas de nous montrer une année d’étude comme le ferait un reportage d’émission tel que « 90 minutes enquête », mais nous la narre, et ce avec beaucoup de percussions. On notera, par exemple, la scène du repas avec Antoine et ses parents, à un moment du scénario où Antoine commence à flancher et s’isoler, où la camera opère un zoom optique avant, jusqu’à visuellement isoler Antoine de ses parents, ou encore la scène dans laquelle nos deux compères échangent sur leur méthodologie de travail avec une magnifique mise en abyme de Benjamin qui explique à Antoine que le meilleur moyen de réussir c’est d’apprendre bêtement et de régurgiter… et en régurgitant mot pour mot une ligne de dialogue qu’il a entendu plus tôt dans le film ! Mention spéciale également aux décors, à leur utilisation toujours bien pensée, et à l’espace magnifiquement géré.

Pour finir, le travail des deux comédiens est parfait, notamment William Lebghil, qui nous prouve enfin qu’il peut jouer autre chose qu’un adolescent simplet et nous confirme son talent. En résumé, avec "Première année", Thomas Lilti nous offre une fenêtre sur une PACES, dure et intransigeante, mais sincère comme nous le montre la fin douce-amère, à la manière d’un Rocky, avec un film dont la narration et la réalisation sont soignées : on ne pouvait pas mieux traiter ce sujet.

Ray LamajEnvoyer un message au rédacteur

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